Le catholicisme à Belgrade

Les commencements, la situation « actuelle » (1935)

Quand le premier prêtre catholique arriva à Belgrade comme missionnaire , il n’y trouva ni chapelle, ni un seul autel ; il dû dire la messe dans une maison privée ; c’est dire combien restreint était le nombre des catholiques.

En 1857, Mgr Strossmayer, évêque de Diacovo en Croatie, fut nommé Administrateur Apostolique en Serbie. Il bâtit la première chapelle catholique à Belgrade sur les bords de la Save ; elle était dédiée à Saint Joseph. On la transféra plus tard dans la ville haute où elle fonctionna jusqu’en 1888. Cette année-là, la légation Austro-Hongroise construisit dans la rue Krounska , le centre actuel de la Ville, une coquette petite chapelle dédiée à Saint Ladislas , roi de Hongrie.

Transformée bientôt en église pour tous les catholiques de Belgrade, peu nombreux il est vrai, elle resta sous le protectorat de la Monarchie Austro-Hongroise et avait , de ce fait, un certain caractère politique.

A la suite du Concordat signé avec Rome par le gouvernement Serbe, cette église devint indépendante de toute tutelle étrangère et put se développer librement. Un Religieux franciscain, Mgr Roditch, fut nommé Archevêque catholique de Belgrade en 1924 et l’unique église fut agrandie : on y ajouta un clocher qui reçut trois cloches et on la dota des premières orgues que connut la Serbie . Elle est dédiée depuis au Christ-Roi

La situation actuelle

Alors qu’en 1914 les Catholiques n’étaient que quelques centaines, on en compte actuellement 35.000 formant cinq paroisses bien organisées.

La paroisse du Christ-Roi, desservie par des prêtres séculiers ; la paroisse Sainte Marie des RR.PP. Assomptionnistes français ; la paroisse Saint Antoine des franciscains ; la paroisse des Saints Cyrille et Méthode , confiée aux Lazaristes et la paroisse Saint Pierre des Jésuites.

Dans l’ensemble du Royaume , 45 % de la population est orthodoxe (gréco-slave), 39 % Catholique et le reste musulman, israélite, païen ou sans religion.

Depuis plusieurs années déjà, le projet de construction d’une imposante cathédrale est à l’étude. Pour accéder au désir des autorités catholiques , le Roi accorda avec bienveillance l’emplacement où elle s’élèvera sur la rive droite du Danube. Reste à trouver l’argent que nécessitera une pareille construction. On s’est mis à l’œuvre et l’on prépare avec enthousiasme, gage du succès, une importante loterie qui fournira, nous voulons l’espérer, les millions nécessaire.

Cet article a été publié par « Le Petit Juvéniste » de nov-déc. 1935
Il a été repris dans les Mémoires de fr Hilaire Détraz