H. Détraz : L’école mariste de Monastir - 1919 - 1929

En 1919 il ne reste que des ruines. L’école est reconstruite avec l’aide de l’armée française qui occupait la ville.

Lorsque le Frère Frument Jérôme Fournier revint à Monastir en 1919, il ne trouva que des ruines. Au lieu de gémir, il résolut sur le champ de tout reconstruire. L’armée française qui occupait la ville lui en donna les moyens. Elle lui fournit une forte équipe de prisonniers bulgares qu’elle équipa de son matériel et lui donna carte blanche pour toute initiative à prendre. Sous sa surveillance et son impulsion les travaux furent menés à vive allure et tout était prêt pour la rentrée de 1920.

Il était resté seul jusqu’alors. Il lui fallut du personnel enseignant pour ouvrir les classes. Il se rendit à Constantinople où résidait le Fr. Provincial , Jean Emile. Il plaida si bien sa cause , qu’on lui assigna de suite trois collaborateurs de marque : les Frères Clémentien Guiguetaz, Joseph Narcisse Romain et Pierre Hubert Pichon.

L’école prospère : il faut demander du renfort

Les classes se remplirent dès la rentrée si bien que le Fr Frument Jérôme dut demander du renfort que l’on ne tarda pas à lui envoyer. C’était les Frères André Vial, Etienne Albert Pfléger et Joannés Minot.

En 1922, le nombre d’élèves ayant contraint la direction à ouvrir deux nouvelles classes , le Fr. Jules Henri Detraz (Hilaire Détraz) fut détaché de Scutari d’Asie pour soulager la Communauté de Monastir. L’école prit alors son rythme de croisière qu’elle maintint jusqu’au bout.

Communauté des Frères à cette époque ;
en haut, le dernier à droite, fr Hilaire Détraz

En 1923, les Supérieurs étaient à la recherche d’un directeur entreprenant pour lancer l’entreprise de l’arquebuse à Carmagnola (Italie). Connaissant les qualités éminentes et le passé du Fr. Frument Jérôme ils le désignèrent comme directeur de cette grosse affaire. Ils ne devaient pas s’en repentir car depuis sa prise en charge , l’entreprise a pris un essor inespéré.

Il fut remplacé à Monastir par le Fr. Alfred Combet qui venait de Yedi-Koulé, faubourg de Constantinople où il avait fondé une nouvelle école mariste. Fr. Alfred continua à Monastir l’œuvre si bien relancé par son prédécesseur . Sous sa sage direction, l’école maintint sa réputation. Elle fonctionnait même trop bien aux yeux des autorités Serbes qui voyaient d’un œil suspect les opposants à son influence affluer trop nombreux dans ses classes.

Ordre est donné de fermer les classes

Aussi, un beau matin, le Gouverneur de la Région , appelé « Jaupan », intima au Frère directeur l’ordre de fermer les classes. C’était en 1925. Grand émoi à l’Ambassade de France à Belgrade aussitôt alertée. Le Maréchal Franchet d’Esperey qui était Chef honoraire de l’Etat-Major de l’armée Serbe, intervint en personne ; si bien qu’un mois après, l’école était autorisée à rouvrir ses portes.

L’épisode , au lieu de nous nuire, attira même de nouveaux élèves , heureux de narguer l’occupant indésirable. Lire la suite ?

Fr. Hilaire Détraz, extraits de ses Mémoires (1980)