H. Détraz : Deux faits significatifs de cette époque

Renvoi d’un Professeur de langue Serbe. Perception des scolarités.

Renvoi d’un Professeur de langue Serbe.

Comme professeur de langue serbe , le Fr Frument Jérôme n’avait pas pu trouver mieux que le candidat communiste aux élections législatives. Il était alors de bon aloi, à cette époque, dans les milieux rouges de copier tout ce que faisait le parti communiste français.

Notre nouveau professeur, se disant grand admirateur de Cachin, sans doute pour se faire bien voir de ses propres électeurs, était francophile à 100 % Il assurait correctement ses cours sans faire de politique. Tout alla bien pendant quelques mois. Mais, la campagne commencée, notre brave homme, enfourchant sa bicyclette, rouge comme il convient, se dépensait en réunions et palabres électoraux ; si bien qu’il en oubliait ses cours.

Après quelques remontrances restées sans effet, le Fr. Directeur décida de s’en débarrasser . Mais comment le joindre ? Un jour que les élèves attendaient son cours, quelqu’un vint avertir que le professeur était en train de pérorer dans un café. Le Fr. Directeur délégua deux grands élèves avec ordre de lui dire qu’on lui avait trouvé un remplaçant. Tout se passa bien. Il n’y eut ni protestation, ni aucune réclamation de personne.

Perception des scolarités

L’administration à cette époque (1920-29) n’était pas compliquée comme elle l’est de nos jours (1980) .
Personne ne s’en plaignait et l’on pouvait consacrer tous ses soucis, ses soins et ses loisirs à l’instruction et à l’éducation des enfants : ce qui explique en partie l’ambiance familiale qui régnait dans toutes nos écoles.
Dans le domaine scolaire, la comparaison entre ces deux époques pourrait donner occasion à toute étude de mœurs …

Etant chargé de la rentrée des cotisations, je ne citerai le fait suivant que parce que je l’ai vécu. L’école était payante : les élèves tous externes devaient verser une cotisation mensuelle pour couvrir les frais de fonctionnement : c’était la seul source de revenus de l’école car le gouvernement français ne lui allouait qu’une subvention dérisoire.

La cotisation devait se verser les trois premiers jours du mois. Le 4° jour , je passais dans les classes avec la liste des élèves et je rappelais leur oubli aux retardataires en ajoutant que le lendemain était le dernier délai. Le 5° jour, à la rentrée de 8 heures, je me tenais sur le pas de la porte d’entrée, donnant directement sur la rue, ma liste en mains, je repérais les mauvais payeurs et les renvoyais illico à la maison. La plupart revenait dans la matinée avec la somme due. Rares étaient ce qui ne reparaissaient pas.

Pour surprenant que puisse paraître à nos yeux ce procédé expéditif, il n’a jamais soulevé de protestation. Je n’avais rien innové ; je continuais la tradition. Fr. Hilaire D.
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Fr. Hilaire Détraz, extraits de ses Mémoires (1980)