Critères d’appartenance à l’Eglise

Critères d’appartenance à l’Eglise (messe dominicale, confession pascale, etc.)- Le rôle joué par des « militants d’origine chrétienne » après la guerre - A propos du Bouddhisme.

Critères d’appartenance à l’Eglise
(messe dominicale, confession pascale, etc.)

(…) Le critère majeur d’appartenance à l’Eglise était la stricte conformité aux commandements de l’Eglise, à ses prescriptions cultuelles et sacramentelles.
Depuis le concile de Trente et la Contre-réforme au XVII° siècle, l’assistance régulière à la messe dominicale était une obligation de conscience. Y manquer sans motif sérieux constituait un péché grave, voire mortel ; des générations ont vécu convaincues que d’être catholiques leur faisait un devoir impérieux d’aller à la messe tous les dimanches. Il y avait ainsi pratiquement adéquation parfaite entre l’appartenance à l’Eglise et le comportement, entre la foi et la pratique. En d’autres termes, l’orthopraxie constituait le critère de l’orthodoxie et ceux qui manquaient à celle-là se trouvaient ipso facto en dehors de l’Eglise.

Cette situation s’est maintenue globalement jusqu’à Vatican II, avec des pourcentages de pratique religieuse encore très élevés qui tournaient pour la messe dominicale autour de 30%. Et puis, peu à peu, pour des raisons qui restent en partie mystérieuses, sans que le Concile y soit vraiment pour quelque chose, le lien s’est distendu entre les pratiques et les convictions… (…)

Les catholiques ont cessé de considérer que, s’ils n’allaient pas à la messe chaque dimanche, ils étaient de mauvais chrétiens.
Par ailleurs, nombre d’entre eux ont perdu l’habitude d’aller à la messe exclusivement dans leur paroisse : le contrôle pastoral ou sociologique ne peut donc plus fonctionner comme autrefois. On va dans des paroisses d’adoption ; avec la mobilité croissante on se rend à la messe sur son lieu de passage.

Les comportements et les mentalités changent. Lorsqu’on parlait autrefois des fidèles catholiques, le mot avait un sens précis : ; ils se conformaient, fidèlement, à la messe dominicale, ils se confessaient régulièrement communiaient à Pâques. (…) Or aujourd’hui, il est visible que les catholiques qui ne pratiquent que de manière occasionnelle ne se considèrent pas pour autant comme infidèles et ne se croient plus en état de péché mortel…

« Le Christianisme en accusation » p. 34-35