R. Rémond : Le christianisme en accusation

René Rémond : « Le Christianisme en accusation » (Desclée de Brouwer 2001)

Ce fut particulièrement vrai pour une génération de catholiques formés dans le sillage de la Résistance par les mouvements de jeunesse et le scoutisme.

Catholiques ou non, nous sommes aujourd’hui habitués presque naturellement à une forte autonomie personnelle. Mais, dans le domaine de la foi, cette liberté est extrêmement récente.

Critères d’appartenance à l’Eglise (messe dominicale, confession pascale, etc.)- Le rôle joué par des « militants d’origine chrétienne » après la guerre - A propos du Bouddhisme.

Il faut avouer qu’en près d’un siècle nous avons tant vu bouger le christianisme, changer la société aussi, qu’il nous arrive de ne plus les reconnaître ni l’un ni l’autre.

L’idée que la foi serait par nature irrationnelle, inconciliable avec la raison, n’a pas encore disparu des mentalités. Elle explique que les sciences religieuses ne soient pas enseignées à l’université.

On ne le souligne jamais assez ; le christianisme a très tôt postulé l’égalité absolue de l’homme et de la femme pour contracter mariage.

Comment ne pas évoquer la séduction qu’exerce le catholicisme sur Simone Weil ? Il y a aussi la place que tiennent les catholiques reconnus comme tels dans la presse et la vie intellectuelle.

Teillard de Chardin, de Lubac, Daniélou, Congar, Chenu, Varillon : de très grands noms, dont l’œuvre compte intellectuellement et dépasse les frontières du monde religieux ou confessionnel.

Aujourd’hui, le conformisme est plutôt dans le persiflage, le sarcasme ou la dérision. On trouve ce genre d’anticléricalisme particulièrement inepte et vulgaire chez les animateurs de variétés.

Bien souvent, nos contemporains sont sensibles à une perception presque exotique du bouddhisme, en oubliant que la religion proposée par le bouddhisme tibétain est souvent très cruelle.

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