Au temps des « Inventaires » : manifestations et échauffourées

En 1906, les procédures d’inventaire se heurtent à un durcissement général.

Commencés le 23 janvier 1906 en province, les inventaires n’ont d’abord donné lieu qu’à des manifestations symboliques.
Le 31 janvier, à Lunéville, l’inspecteur de l’Enregistrement, accompagné de deux policiers en civil, se présente devant l’église Saint-Maur. Il doit écouter le texte de protestation que lui lit le curé, pendant qu’à l’intérieur 200 fidèles entonnent des cantiques. Ne voulant pas créer de difficultés, le fonctionnaire se retire sans avoir accompli sa tâche.

Le 1er et le 2 février ont lieu les évènements parisiens de Sainte-Clotilde et de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

Répercuté sur tout le territoire, cet épisode échauffe les esprits. Dès la mi-février, dans les départements, les procédures d’inventaire se heurtent à un durcissement général.

Le 18 février, la publication de l’encyclique, relayée par un clergé spontanément plus offensif que les évêques, achève de libérer l’indignation des fidèles.

Et c’est ainsi que, le 24 février, à Lunéville, la seconde tentative effectuée à l’église Saint-Maur vire à l’émeute. Tandis qu’un escadron de chasseurs à cheval, un détachement de chasseurs à pied, des brigades de gendarmerie et de police quadrillent les rues avoisinantes, 500 personnes occupent l’édifice. Il faudra trois heures aux forces de l’ordre pour enfoncer les portes et venir à bout de l’amoncellement de chaises barrant le passage.

(…)

Au Grand-Fougeray, près de Redon, après s’être attaqués en vain aux trois portes de l’église, les soldats doivent démolir un pan de mur.
A Roquecourbe, dans le Tarn, les soldats opèrent sous la protection d’un canon.
A Cominac, dans la haute Ariège, des ours défendent l’édifice.
A Bille, près de Fougères, ce sont des ruches pleines d’abeilles.
A Ménomblet, en Vendée, les abeilles ont été lâchées dans le sanctuaire.
Au Vieux-Berquin, près d’Hazebrouck, les paroissiens ont dressé une montagne d’instruments agricoles devant le porche.
A Montgauch, dans le comté de Foix, comme à Bief-du-Bourg, dans le Jura, les portes de l’église ont été murées.
A Boussais, dans les Deux-Sèvres, des troncs d’arbres cimentés forment un obstacle infranchissable.
A Javorais, en Eure-et-Loir, les habitants ont intégralement vidé l’église.
A Saint-Gorgon, dans le Morbihan, le maire doit s’interposer au moment où les gendarmes s’apprêtent à tirer…

Jean Sévillia : « Quand les catholiques étaient hors la loi » page 205-206

Vos témoignages

  • zPmSXcANtmCqH 13 avril 2012 02:04

     : Ce livre n’est pas simplet. C’est atcuhont et e9videmment parfois naeff. Mais parfois e9galement tre8s sage ! Je suis contente que tu veuilles satisfaire ta curiosite9. Cela en vaut la peine e0 mon avis.@ Be9ne9dicte : Bonne ide9e Mais cela pourrait peut-eatre remuer le couteau Mais c’est tre8s beau.@ Michel : Je suis allergique aux chats