J. C. Guillebaud : Le commencement d’un monde

Editions du Seuil, août 2008 - « J.C. Guillebaud parachève avec ce livre sa grande ’enquête sur le désarroi contemporains’ »

Nous sommes au commencement d’un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l’ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde « nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute (...)

Bien au-delà d’une relecture des grands textes et d’un travail sur le langage, la démarche postcoloniale en vient vite à réinterpréter politiquement l’Histoire tout entière. Il s’agit d’exhumer ce qui a été caché, de ramener en pleine lumière ce qui demeurait enfoui dans les soubassements du grand récit (...)

Le dehors est arrivé chez nous. Il frappe à nos frontières et, inexorablement, les franchit. (page 10)

Le gain escompté l’emporte sur la soif de découverte. Ce qu’on trouve n’est plus vraiment destiné à l’ensemble de la communauté des hommes.

Par le truchement des nouvelles technologies de communication, une sous-culture populaire s’est répandue d’un bout à l’autre de la planète. Imagine-t-on que cela soit sans conséquence ?

Une Charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui s’efforce de protéger l’individu tout en sauvegardant ses liens avec les diverses communautés dont il dépend.

En Inde, l’adoption du modèle libéral s’est accompagnée de changements symboliques pernicieux. La richesse s’est trouvée encore plus légitimée et valorisée qu’auparavant.

« Qu’ils aient tué Dieu, passe encore, mais ce qui m’agace, c’est qu’ils l’ont tué juste après me l’avoir refilé. »

Les manifestations de la « supériorité naturelle » de l’homme blanc laissent le plus souvent transparaître une « bonne foi » paisible.