L’Eglise se doit de parler à certains moments

Les Eglises se doivent de parler dans certains cas. Apprendre à débattre. Des conceptions théologiques différentes conduisent à des vues anthropologiques différentes.

L’Eglise se doit de parler à certains moments.
Son silence a été coupable parfois.
(p. 128)

Si les Eglises se doivent de parler dans certains cas, elles ne doivent pas le faire à tort et à travers, mais en vertu d’une exigence de vérité et en référence aux grands principes qui les guident.
On n’attend pas d’elles qu’elles règlent les détails de la vie courante mais qu’elles se prononcent sur le cœur du message, la force de I’Evangile et ce qu’il implique pour l’homme d’aujourd’hui.

Si dès les débuts du nazisme en Allemagne, ou dès les premières mesures antisémites prises par le régime de Vichy, les Églises avaient réagi vigoureusement et en avaient appelé aux consciences pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme, peut-être le comportement des dirigeants politiques n’aurait-il pas été le même.
Il ne faut pas sous-estimer le poids des autorités spirituelles en de telles circonstances, plus important qu’on ne pense généralement. Dans les deux cas précités, les autorités religieuses ont appliqué la doctrine traditionnelle du gouvernement légal auquel les citoyens doivent obéissance.

Ce fut une erreur d’appréciation et une faute par omission. À de rares exceptions près, comme Mgr von Galen en Allemagne, qui protesta contre l’euthanasie pratiquée sur les malades mentaux par le régime hitlérien, et qui va être béatifié, ou Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, qui s’éleva contre la déportation des juifs, le silence de l’Église fut écrasant…

Mais depuis l’attitude a changé. Les papes ont clairement pris position en faveur des droits de l’homme. Comment oublier les interventions vigoureuses de Jean XXIII et de Paul VI en faveur de la paix et de la personne humaine, et de Jean-Paul II à Haïti ou en Pologne, entre autres ? L’histoire gardera la mémoire de leurs interventions en faveur de la liberté.