La morale sociale du catholicisme

Le catholicisme a beaucoup développé cet aspect pour proposer une vision d’ensemble de la vie en société qui concerne le rôle de l’État, les libertés publiques, aussi bien que la protection sociale.

Autre différence avec les autres religions :
la morale sociale.
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Autre différence avec les autres religions : la morale sociale. Le catholicisme a beaucoup développé cet aspect pour proposer une vision d’ensemble de la vie en société qui concerne le rôle de l’État, les libertés publiques, aussi bien que la protection sociale.

Je ne sache pas que le bouddhisme propose une conception de la vie en société. Sur ces questions, l’islam apparaît plus que confus dans sa dogmatique, par exemple : il ne se prononce pas sur les relations avec le politique, la notion de laïcité lui est étrangère et, s’il fait de l’aumône une obligation, on ne peut guère parler de morale sociale à son propos.

Au reste, sur ce chapitre, même les différentes confessions chrétiennes sont loin d’être unanimes. Les Églises orthodoxes n’ont jamais cherché à construire une doctrine sociale. L’absence d’un Magistère de type universel ne le permettrait pas. Jamais le patriarche de Constantinople n’a édicté de textes prescrivant les conduites collectives et la plupart des Églises orthodoxes autocéphales ont toujours été tenues en étroite tutelle par le pouvoir. La pensée orthodoxe en la matière ne va guère au-delà du rappel de quelques principes généraux.

Rien à voir avec l’Église catholique qui, depuis un peu plus d’un siècle, a édifié une doctrine globale. Partant de la question sociale au sens restreint du terme, c’est-à-dire les rapports entre travailleurs et patrons, elle s’est étendue à la législation du travail, au rôle de l’Etat, au syndicalisme, aux collectivités territoriales, au principe de subsidiarité, aux relations entre les peuples, à l’organisation internationale, au droit international, à la guerre et à la paix, au développement, et propose aujourd’hui une vision planétaire qui constitue une réponse à la mondialisation. Il n’est guère de problèmes de cet ordre sur lesquels l’Église ne se soit prononcée.

Pour les Églises protestantes, la situation se présente différemment. Elles sont trop éclatées pour pouvoir parler d’une seule voix. Bien sûr, on trouve le courant du « Christianisme social », des institutions caritatives comme la Cimade. Les, Églises protestantes ont diverses traditions. La tradition luthérienne, on l’a déjà dit, dissocie la liberté de conscience de l’obéissance à l’Etat ; la tradition calviniste est plus axée sur la conscience individuelle.