Pourquoi tant de violence vis-à-vis du christianisme ?

Une telle violence n’est pas sans surprendre : elle témoigne de cette culture du mépris dont le christianisme est trop souvent l’objet.

Pourquoi tant de violence vis-à-vis du christianisme ? p. 27

Marc Leboucher : Aujourd’hui que nous ne sommes plus à l’époque de Mac Mahon, comment expliquez-vous la violence de certains vis-à-vis du christianisme ou de l’Église, comme quelques groupes de pression homosexuels ou le philosophe Michel Onfray ? Pourquoi une telle agressivité de propos à l’égard d’un catholicisme, qui aujourd’hui serait bien incapable d’imposer un ordre moral, parce que ce n’est pas sa volonté et qu’il n’en a pas les moyens ?
Si l’on regarde la chronique « Rebonds » du quotidien Libération par exemple, les diatribes antichrétiennes y apparaissent très régulièrement… Ainsi ce qu’écrit un professeur de philosophie en se prononçant sous le titre « Pour une religion du bonheur » :
« Ce que Fernando Pessoa nommait « l’opération chirurgicale antichrétienne » apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour tout individu désireux d’accroître son bonheur et sa liberté. »

René Rémond : Une telle violence n’est pas sans surprendre : elle témoigne de cette culture du mépris dont le christianisme est trop souvent l’objet. On se demande si ses détracteurs oseraient s’attaquer pareillement à d’autres religions.

Pareille violence à l’encontre de convictions professées par des millions de concitoyens ne laisse pas de déconcerter et pose une vraie question, d’ordre politique : cette violence n’est pas inoffensive. On a, à juste titre, dénoncé la responsabilité de ce que Jules Isaac, avec d’autres, ont appelé l’enseignement du mépris dans la transmission des préjugés antisémites. À décrire à longueur de pages comme des absurdités qui déshonorent ceux qui ont la faiblesse d’y croire les vérités de leurs religions respectives, ne compromet-on point toute possibilité d’estime entre compatriotes appelés à vivre ensemble ?