Les catholiques persécutés ?

Les catholiques persécutés ? A propos de la politique de laïcisation de la III° République. L’Église catholique a fortement changé. Les catholiques et la Loi de 1905.

Les catholiques persécutés ?
( à propos de la politique de laïcisation de la III° République) (p. 75)

Question : Mais dans ce thème de la persécution, n’y a-t-il pas une part de fantasme ou d’irrationnel ? Car la séparation, par exemple, n’a pas conduit les catholiques aux catacombes, ni les religieux dans la fosse aux lions…

René Rémond : Vous avez mille fois raison de rappeler l’aspect passionnel du climat de l’époque. L’animosité anticléricales et l’intransigeance catholique sont alors exacerbées par la guerre religieuse.
Mais il convient aussi de reconnaître que les catholiques ont alors fait l’objet d’une législation et de pratiques proprement discriminatoires que révèle par exemple l’affaire des fiches, où un ministre de la Guerre, le général André, fait établir des fiches de renseignements sur les officiers catholiques.

Les congrégations font l’objet d’un régime juridique d’exception et le seul fait d’appartenir à l’une d’elles prive tout religieux d’un droit commun à tout citoyen, celui d’enseigner. Aucune autre catégorie de Français ne souffre pareille discrimination négative.
Pour qui est notoirement catholique, qui remplit ses devoirs religieux et par exemple fait régulièrement ses Pâques, il n’était pas possible entre 1879 et 1939 de faire une grande carrière politique : il ne sera pas élu à la présidence de la République, on ne lui confiera pas la direction du gouvernement, ni même de ministère important.

Les catholiques font l’objet d’une exclusive tacite. Sans aller jusqu’à dire qu’il faut l’agrément des loges pour accéder à de telles fonctions, il est indéniablement plus facile pour un franc-maçon que pour un catholique de les obtenir. Comment les catholiques ne se seraient-ils pas sentis marginalisés dans un pareil contexte ?