Où est l’intolérance ?

Et quelle présomption dans la certitude d’avoir raison ! On sait aussi par expérience que le mépris conduit à la haine. Au reste elle est déjà présente dans l’ouvrage « Traité d’athéologie ».

Où est l’intolérance ?
On sait aussi par expérience que le mépris conduit à la haine.

(p. 27)

Et quelle présomption dans la certitude d’avoir raison ! On sait aussi par expérience que le mépris conduit à la haine. Au reste elle est déjà présente dans l’ouvrage Traité d’athéologie. Quelle capacité de détestation ! Qu’avons-nous donc fait pour susciter une telle exécration, car tel est bien le terme qui convient pour caractériser et l’inspiration et la démarche de ce traité ?

Pour une part, cette violence illustre la persistance d’un héritage historique, la mémoire d’un temps, pas si lointain à tout prendre, où l’Église était en mesure de s’opposer à la libération des moeurs. Ces souvenirs demeurent vivaces et je crois qu’une certaine partie de l’opinion n’a pas pris la mesure des changements profonds survenus à cet égard dans le monde catholique. Beaucoup continuent de craindre de manière fantasmatique le pouvoir de l’Église et ne croient pas à la sincérité de son évolution. Pour eux, toute religion porte en elle le germe de l’intolérance : le fondamentalisme ou l’intégrisme ne seraient pas des déviations mais des caractères constitutifs de toute religion.

En France ou en Europe, les Églises peuvent donner l’impression d’avoir évolué et de s’être adaptées aux mentalités contemporaines, mais certains croient cette attitude trompeuse et de pure opportunité tactique. En conséquence on doit se méfier plus encore de l’Église qu’à l’époque où elle se présentait explicitement sous ses propres couleurs. Mais c’est surestimer le danger que l’Église pourrait représenter aujourd’hui.