Expulsions des congrégations : un bilan chiffré

Au gouvernement, qui pense aux souffrances silencieuses de ceux qui vont être chassés de leurs couvents et des écoles où ils ont vécu pendant tant d’années ?

En 1900, 1.665 congrégations existaient en France :

  • 154 congrégations d’hommes (dont cinq légalement autorisées) et
  • 1.511 congrégations de femmes (dont 905 légalement autorisées).

Après l’adoption de la loi du 1er juillet 1901,

  • 89 congrégations d’hommes et
  • 211 congrégations de femmes se sont dispersées pour n’avoir pas à demander leur autorisation.
  • 60 congrégations d’hommes et
  • 395 congrégations de femmes ont déposé une demande d’autorisation.
  • 54 congrégations d’hommes ont été déboutées à la Chambre, et une au Sénat (où cinq cas n’ont pas été examinés).

Pour les congrégations de femmes,

  • 314 dossiers restant en attente,
  • 81 ont vu leur autorisation refusée par la Chambre.

Les chiffres ont la froideur des statistiques, mais entre les communautés qui se sont dispersées spontanément et celles à qui l’autorisation a été refusée, ce sont 430 congrégations qui sont dorénavant interdites : plus de la moitié de celles que menaçait la loi de 1901.
430 congrégations, ce sont des dizaines de milliers de religieux et de religieuses. Au gouvernement, qui pense aux souffrances silencieuses de ceux qui vont être chassés de leurs couvents et des écoles où ils ont vécu pendant tant d’années ?

Jean Sévillia : « Quand les catholiques étaient hors la loi » page 136