René Viviani à la tribune du Palais-Bourbon

L’acharnement antireligieux de la majorité parlementaire ne faiblit pas

8 novembre 1906. Ministre du Travail dans le cabinet Clemenceau, le socialiste René Viviani monte à la tribune du Palais-Bourbon.

« Tous ensemble, proclame-t-il, par nos pères, par nos aînés, par nous-mêmes, nous nous sommes attachés dans le passé à une œuvre d’anticléricalisme, à une œuvre d’irréligion.
Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. Lorsqu’un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous l’avons relevé, nous lui avons dit que derrière les nuages il n’y avait que des chimères.
Ensemble, et d’un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus. Voilà notre œuvre, notre œuvre révolutionnaire. Est-ce que vous croyez que l’œuvre est terminée ? Elle commence au contraire. »

Après avoir acclamé l’orateur, la Chambre vote l’affichage de ce discours dans les 36 000 communes de France.

Un an après le vote de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, même si Briand se trouve contraint de chercher une solution acceptable pour l’Eglise dans la mise en œuvre de la loi de 1905, l’acharnement antireligieux de la majorité parlementaire ne faiblit pas.

Jean Sévillia : "Quand les catholiques étaient hors la loi" page 233