Les instituts de Frères dans l’Eglise

« Il saute aux yeux que, dans notre Eglise, une structure très cléricale perdure » - Frère ou Père ? Tous les religieux sont-ils prêtres ?

Circulaire de fr Emili Turu, janvier 2012

« Il saute aux yeux que, dans notre Eglise, une structure très cléricale perdure, ce qui signifie que l’on minimise la participation active à la vie et au gouvernement de l’Eglise de ceux qui ne sont pas clercs, et qu’on les relègue à être des observateurs passifs ou, au mieux des collaborateurs.

On me demande souvent, sans pouvoir y croire, comment se fait-il qu’il n’y a pas de prêtres parmi nous [les Frères Maristes]. C’est une véritable ironie que, dans le contexte de la vie religieuse qui est née laïque, les Instituts de frères apparaissent aujourd’hui comme une exception ou une bizarrerie, et qu’il faille presque justifier leur existence. Ne serait-ce pas plutôt aux Instituts cléricaux de nous expliquer comment ils associent le fait d’être à la fois religieux et clercs ? »

Cette situation ne devrait pas nous décourager, mais plutôt nous stimuler. Dans un contexte cléricalisé, notre choix devient prophétique ». (fr. Emili Turu, supérieur général des Frères Maristes, janvier 2012, p. 18)


Frère ou père ? Tous les religieux sont-ils prêtres ?

« Le message est fréquemment brouillé dans l’esprit du public. Le religieux prêtre (appelé Père) apparaît comme un super religieux. Dans sa communauté il jouit d’une sorte de préséance. A lui la charge de supérieur le plus souvent. Il est vrai qu’un religieux appelé à la prêtrise, choisi en général parmi les plus doués, bénéficiera pour cela d’une formation complémentaire.

C’est une confusion regrettable. La prêtrise est à considérer comme un service (un ministère), non une dignité ! « que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert » (Luc 22, 27 – TOB 2010).

Aussi de grands ordres religieux n’emploient que le terme de Frère, même si on désigne un Père.

Dans ma congrégation il n’y a que des religieux non prêtres. C’est ce que j’ai choisi en connaissance de cause. » (fr Bernard Méha)