Renouveau de l’Eglise ou régression ?

A partir du concile, nous avons assisté à un renouveau avant tout qualitatif.

Même si les prêtres continuent de manquer, même s’il y a encore trop peu de nouvelles vocations, les mouvements d’inspiration religieuse se développent. Ils renaissent dans un contexte un peu différent de celui des anciennes organisations catholiques, dont les préoccupations étaient plutôt sociales.

Inspirées par l’enseignement social de l’Eglise, ces organisations étaient orientées vers la transformation de la société, vers la justice sociale. Certaines d’entre elles se sont engagées dans un dialogue si suivi avec le marxisme qu’elles ont, en partie, perdu leur identité catholique.

Les nouveaux mouvements sont orientés vers le renouveau de la personne humaine

En revanche, les nouveaux mouvements sont orientés vers le renouveau de la personne humaine. L’homme est l’acteur principal de toutes les transformations sociales et historiques, mais pour œuvrer dans ce sens, il doit se renouveler lui-même dans le Christ et dans l’Esprit Saint. Cette orientation est très prometteuse pour l’avenir de l’Eglise.

Voir le témoignage d’un prêtre à la retraite (extrait d’une émission de Radio Notre Dame)

Dans le passé, le renouveau de l’Eglise a beaucoup reposé sur les ordres religieux.

Ce fut le cas à l’époque du déclin de l’Empire romain avec les bénédictins, au Moyen Age avec les ordres mendiants (franciscains et dominicains), après la réforme avec les jésuites et les initiatives comparables ; au XVIII° siècle, avec les rédemptoristes et les passionistes ; et enfin au XIX° siècle, avec les congrégations missionnaires dynamiques comme les verbistes, les salvatoriens et, naturellement, les salésiens.

Au cours de notre siècle, outre les ordres et congrégations nouvellement fondés et l’épanouissement extraordinaire des instituts séculiers, des mouvements d’un genre inédit sont donc apparus dans la période conciliaire et post-conciliaire. Ces mouvements rassemblent certes des personnes consacrées, mais surtout des laïcs mariés et insérés dans la vie professionnelle. L’idéal de rénovation du monde dans le Christ découle en droite ligne de l’engagement fondamental du baptême

Aujourd’hui il serait injuste de ne parler que de régression.

On voit apparaître de nouvelles pousses, et surtout une transformation radicale du modèle de base. Je pense à l’Europe et à l’Amérique, surtout à l’Amérique du Nord et, d’une manière différente, à celle du Sud. Les références traditionnelles étaient dans une certaine mesure quantitatives. Elles font place aujourd’hui à de nouveaux repères, plus qualitatifs. On peut discerner là un des fruits du Concile.

Vatican II s’est produit précisément au moment où l’ancien modèle commençait à céder la place au nouveau. On peut donc affirmer que le Concile a eu lieu en temps opportun et a assumé une tâche qui répondait à un besoin ressenti non seulement par l’Eglise, mais par le monde entier.

L’Eglise du Concile Vatican II, sert réellement notre monde à des niveaux très divers

Si l’Eglise post-conciliaire rencontre des difficultés dans le domaine de la doctrine ou de la discipline, ces difficultés sont rarement graves au point de faire craindre de nouvelles divisions. L’Eglise du Concile Vatican II, l’Eglise de l’étroite collégialité de l’épiscopat mondial, sert réellement notre monde à des niveaux très divers : en tant que véritable Corps du Christ elle accomplit sa mission rédemptrice et défend la justice et la paix.

Dans un monde divisé, l’unité supranationale de l’Eglise catholique demeure une force solide. Ses ennemis l’ont bien compris en leur temps. Les différentes instances politiques et les organisations mondiales continuent aujourd’hui de la prendre en compte. Certes, l’Eglise représente une force qui, pour certains est incommode. Dans nombre de domaines, l’Eglise répète le non possumus des apôtres. Mais elle reste ainsi fidèle à elle-même. Elle resplendit de cette « Splendeur de la Vérité » dont l’Esprit Saint inonde le visage de son Epouse."

Jean-Paul II : Entrez dans l’Espérance, p 252 sv