Eglise catholique, des obstacles à l’unité des chrétiens

Bernard Sesboüe - Croire L’Eglise catholique a pour sa part longtemps privilégié le principe de présidence, ce qui est certainement l’une de ses formes institutionnelles. Mais cela s’est fait au détriment des deux autres principes.

Il n’en était pas ainsi dans l’Eglise des origines

Cette évolution a donné à cette Eglise l’image d’une grande pyramide hiérarchique, souvent représentée dans les catéchismes d’autrefois, à la tête de laquelle se trouve le pape et dont les échelons successifs sont représentés par les évêques et les prêtres, la base de la pyramide étant constituée par le peuple des fidèles.

Cette forme pratique d’ecclésiologie est certainement efficace - peut-être au prix d’une facilité. Mais elle est bien différente de celle de l’Eglise des origines, ce qui crée une grande difficulté au regard des Eglises orthodoxes et de la Réforme. Enfin elle ne correspond pas à l’attente de la conscience contemporaine sensible à la participation et à la coresponsabilité.

Le concile Vatican II et la collégialité

Le concile Vatican II n’a pas seulement restauré le principe de collégialité, il a aussi ouvert la voie de façon décisive à une ecclésiologie de communion. L’Eglise n’est plus alors vue comme une grande pyramide centralisée mais comme un ensemble d’Eglises locales ou particulières qui vivent ensemble dans une communion totale de foi, de sacrements et de charité.

L’unité concrète de l’Eglise est assurée par un large réseau d’échanges entre les diverses Eglises et l’Eglise de Rome. La collégialité des évêques y est mise en œuvre. Le rôle de Rome en temps qu’Eglise de la primauté y est respectée, puisque le propre du ministère du pape est de présider à la communion et à la charité. Mais l’autorité pontificale s’exerce dans un climat de concertation réciproque qui tient compte des principes de collégialité et de communion.

« En pratique, l’Eglise catholique éprouve une grande difficulté à passer dans la vie sa ‘conversion’ à la collégialité, doctrinalement acquise à Vatican II, et à tenir compte du principe communautaire. Elle vit sur de nombreux siècles d’habitudes qui vont en sens contraire. »

Bernard Sesboüé, Croire, p. 463