La place des femmes dans l’Eglise

« Le féminisme est l’un des fruits de l’évolution de la vie religieuse au cours de l’histoire. »

« Pendant plus de 1500 ans, en effet, des communautés de femmes se sont développées indépendamment des organisations religieuses masculines. Elles ont géré leurs propres œuvres, elles ont démarré, administré et financé elles-mêmes leurs propres entreprises. »

Des femmes qui se sont dressées contre l’autorité des évêques et des papes

« L’hagiographie, le folklore et les archives des congrégations débordent de récits évoquant les exploits de ces femmes déterminées qui se sont dressées contre l’autorité des évêques et des papes, confondant les uns, corrigeant les autres, qui sont allées à l’encontre des conventions sociales et les ont ainsi modifiées. Par dessus tout les religieuses ont joué un rôle de premier plan dans l’éducation des autres femmes. »

« Le féminisme, c’est-à-dire la conscience qu’ont les femmes de cette nature vénérée et vénérable qui est la leur en dépit des rôles subordonnés qu’on leur a imposés, est l’un des fruits de l’évolution de la vie religieuse au cours de l’histoire. »

Qu’en est-il à notre époque ?

« Peu d’ordres ont réellement fait cause commune avec les questions majeures de notre époque – pensons au désarmement nucléaire, à la question des femmes, à l’écologie ou à la pauvreté systématique – avec la même intensité qu’ils mettaient autrefois à se consacrer, et cela sans hésitation, à l’éducation catholique, aux immigrants catholiques, et aux soins de santé catholiques. »

Rester fidèles au message évangélique

« Refuser aux femmes cette qualité d’accueil et de reconnaissance que leur témoignait Jésus, c’est se moquer du message évangélique de la libération universelle.

Instruire les femmes mais ne leur accorder aucun espace public égalitaire ou leur instruction puisse recevoir une signification sociale, prendre soin d’elles mais les priver de l’épanouissement de leurs possibilités humaines, prêcher que les femmes sont des personnes humaines à part entière pour ensuite leur refuser la reconnaissance d’une pleine maturité spirituelle, c’est tourner en ridicule cette théologie axée sur les concepts fondamentaux de l’incarnation, du baptême, de la grâce et de la rédemption elle-même.
Faute d’un engagement sérieux à défendre les intérêts du féminisme, l’Eglise ne peut jouir aujourd’hui d’aucune crédibilité. »

Joan Chittister