Vitalité de la vie religieuse apostolique aujourd’hui.

Au colloque « Visages de femmes missionnaires en terre de mission », Sœur Chantal Parmentier a introduit le travail par une présentation de la vie religieuse féminine apostolique.

Religieuses : qui sommes - nous ? Quel est le sens de notre engagement ?

Religieuses, nous sommes toutes des passionnées de Dieu, de l’Église et du monde ! Nous avons fait une rencontre personnelle du Christ et avons été saisies par un appel de Dieu qui nous a mises en route. Cet appel fut si fort, que désormais, rien ne compte davantage pour nous que de vivre totalement pour Dieu, en livrant notre vie au Christ et à sa mission pour le monde.

Aussi, vous posez-vous la question : quelle est donc notre manière particulière de suivre le Christ ?

Nous vivons « ensemble » en communautés de sœurs qui ne se sont pas choisies mais qui s’efforcent de vivre dans la fraternité. Nous nous engageons, pour toute notre vie, après plusieurs années de formation et de réflexion, par trois choix existentiels que l’on appelle des vœux.
Comme le Christ nous voulons vivre chastes, pauvres et obéissantes au Père.

  • Chastes : le cœur libre de toute affection possessive, au service d’un amour plus universel ;
  • pauvres en vivant dans un esprit de simplicité, de résistance à la frénésie de la consommation, de partage et de solidarité ;
  • obéissantes dans un esprit communautaire de discernement et de disponibilité au service de la Mission.
    Nous vivons à la manière d’un fondateur, d’une fondatrice qui a été saisi(e) par un aspect particulier de l’évangile ou de la vie du Christ. C’est cela qui donne une couleur propre à chaque institut religieux ou congrégation.
Il existe différentes formes de vie religieuse.

Dans la vie monastique, les moniales choisissent de consacrer toute leur vie à Dieu, dans la prière qui est un lieu essentiel de leur mission. Leurs monastères sont des lieux retirés, mais ouverts à l’accueil.

Dans la vie apostolique, religieuses, nous quittons tout pour suivre le Christ, notre lieu de mission, c’est le monde ! Vivant dans la prière et la présence de Dieu, nous sommes envoyées pour témoigner de la proximité de Dieu et pour servir dans tous les secteurs de l’activité humaine. Nous voulons traduire en gestes concrets l’amour de Dieu, sa compassion pour tous.

Notre mission se vit dans notre pays ou dans un autre pays dans lequel nous sommes envoyées.

Il me revient, aujourd’hui, et non sans une certaine fierté et joie, d’évoquer ces nombreux visages de femmes en terre de mission, d’explorer avec vous ces visages-paysages d’aventurières, au cœur de la transmission de la foi.

Les médias ont beaucoup parlé de Mère Térèsa, de Sœur Emmanuelle, à juste titre. Mais il faut affirmer qu’il existe, dans le monde, des milliers de Mère Térèsa et de Sœur Emmanuelle. Dans leur mission quotidienne, elles servent les plus pauvres, partageant leur vie et luttant avec eux pour améliorer leur sort. Elles le font à cause de l’Évangile et par amour, dans le don d’elles-mêmes, parfois jusqu’au martyre. On ne peut qu’admirer leur courage et leur force spirituelle qui les ont amenées à risquer une telle aventure. […]

« Allez par le monde entier, de tous les peuples, faites des disciples. » (Marc 16,15)

Cet ordre de mission de Jésus, a fait frémir, durant des siècles, les entrailles de ces nombreuses femmes. Et la force de leur amour de Dieu a élargi leur cœur aux dimensions du monde, les faisant « aller », pour cet enfantement du cœur qui accueille, soigne, enseigne, éduque, fait naître à une existence digne, qui ouvre à l’homme, à tout homme, un avenir. Elles ont accepté de se déplacer vers un autre pays certes, mais d’abord d’opérer un déplacement à l’intérieur d’elles-mêmes, pour rejoindre d’autres peuples, d’autres cultures et religions.

Envoyées, ces femmes - souvent associées, complémentaires d’hommes : prêtres, religieux, missionnaires - ces femmes ont annoncé, avec un cœur de miséricorde, avec une volonté tenace et inventive, toute la sollicitude de Dieu pour l’homme. Ce sont leurs œuvres qui sont alors « Bonne Nouvelle », espérance joyeuse et contagieuse.

Elles se sont vouées à un travail utile dans les domaines sanitaire, social et éducatif.

Dieu est à l’œuvre. Dieu naît. L’amour engendre l’amour. « La stérile enfante sept fois » et nous le croyons : des pionnières continuent, par l’engagement de leur vie, de leur corps, de leur être entièrement donné, à porter l’annonce du Salut en Jésus Christ. Les terres qui les ont vues naître, qui ont été leur tremplin, sont elles-mêmes devenues terre de mission, et nos sillons gémissent : « Qui enverrai-je ? » « Me voici », se murmure encore dans des cœurs généreux, prêts à aller où l’amour de Dieu, le feu brûlant de Dieu pour les hommes les enverra.

Chacun de nous connaît de ces femmes, magnifiquement universelles, merveilleusement simples et discrètes, étonnamment fructueuses. […] Aujourd’hui, nous pouvons souligner que la terre de mission est lointaine et proche, car la Bonne Nouvelle de la vie, de l’amour, continue à prendre visage. Une richesse de nos congrégations internationales, est de pouvoir vivre la réciprocité de l’envoi et de l’accueil au service de la mission ici et ailleurs. En effet, nous sommes en terre de mission, aussi dans nos campagnes et nos villes, en une terre assoiffée, dont les entrailles crient leur aridité, souvent avec violence. Ce cri continue à aiguillonner nos cœurs, nos corps de femmes offertes à Dieu et à l’humanité.

La Vie a jailli ; elle jaillira encore, de cette source qui nous habite. « Ce siècle sera féminin ou ne le sera pas », titre un spectacle parisien. Les siècles précédents l’ont été, le nôtre le sera encore. […]

D’après Mission de l’Eglise, n°165, octobre-décembre 09