Rayonnement du patrimoine culturel breton

Le rayonnement et l’internationalisation du patrimoine culturel breton dans les pays de mission.

Mais une seconde perspective vient compléter ce précieux éclairage de l’histoire du dynamisme religieux des diocèses bretons et de celle des congrégations. C’est le regard porté sur le rayonnement et l’internationalisation de ce patrimoine culturel breton dans les pays de mission eux-mêmes.

Rayonnement en Amérique

Au fil des pages, surgissent de vivantes esquisses de figures attachantes de missionnaires. Sur la trentaine d’évêques français qui ont été titulaires de sièges aux Etats-Unis au XIXe siècle, sept sont d’origine bretonne. L’œuvre pionnière de Mgr Bruté de Rémur, d’origine rennaise et premier évêque de Vincennes ( Indiana ), celle de Mgr Martin et de son successeur Mgr Leray qui mourut archevêque de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, est présentée concurremment à l’œuvre d’évangélisation de Mgr de Goestriand parmi les Canadiens immigrés en Nouvelle-Angleterre, au cours d’un épiscopat qui couvre la seconde moitié du XIXe, siècle, dans le Vermont.

L’œuvre éducative et hospitalière des religieuses bretonnes

Au niveau de l’action éducative et hospitalière, plus d’un millier de religieuses bretonnes ont oeuvré dans les deux Amériques, ce qui, par contrecoup, a entraîné un proportion croissante de religieuses américaines dans les congrégations d’origine française. Impressionnante est par exemple la diaspora des Petites Soeurs des Pauvres, outre Atlantique et dans les autres continents, à partir du dynamisme apostolique attaché à leur stratégie de quêteuses pour les plus démunis. Les Missions Africaines de Lyon ont été, pour leur part, le support du rayonnement d’un Mgr Duret, vicaire apostolique du Nil, que sa société porta à sa tête avant et après la Grande Guerre, ou d’un P. Aupiais, de Saint-Père-en-Retz, dont une exposition vient de montrer l’œuvre de réhabilitation de la culture béninoise.

La haute spiritualité de plusieurs de ces acteurs

L’auteur attire enfin l’attention sur la haute spiritualité qui a guidé plusieurs de ces acteurs : il suggère de l’approfondir par l’étude de leurs publications et de leurs correspondances : ainsi de ces méritantes femmes d’entreprise missionnaire qu’ont été Hélène Chappotin, une vraie fille de Nantes qui fonda l’imposante Congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie, ou la Mère Théodore Guérin, à l’origine de la Congrégation de Sainte-Marie-du-Bois, dans le Middle-West, branche autonome de la Providence de Ruillé-sur-Loir.
Bien attachante est aussi l’évocation de ces rudes paysannes, Marie-Renée Rondeau, de Plouguerneau, à qui Lavigerie confia la Congrégation des Soeurs Blanches, qu’elle dirigea pendant une cinquantaine d’années, ou de Catherine Névo, de Trévé, qui contracta la lèpre, avant de mourir en odeur de sainteté dans une léproserie proche de Rangoon, en 1926.

Pour expliquer ce rayonnement international des missionnaires bretons, le P. Joseph Michel tient compte, comme il se doit, des dispersions forcées des congrégations, en 1881, puis sous le gouvernement d’Emile Combes qui sécularisa massivement les congrégations enseignantes, et jusqu’à la mesure d’expulsion, par le dictateur Duvallier, qui contraignit les frères, religieuses et prêtres bretons qui, tout au long des XIXe et XXe siècles, avaient fourni la majeure partie du clergé d’Haïti, à essaimer en divers états d’Amérique latine…

(d’après l’œuvre de Joseph Michel, spiritain ; extrait de Mémoire Spiritaine N° 5 - 1er semestre 1997)