Le monde n’a pas la faculté de donner à l’homme un bonheur absolu

Ce monde où se mettent en application les découvertes des sciences et des techniques, les progrès de la civilisation, est incapable de rendre l’homme heureux.

Voici la première affirmation :
« Dieu a aimé le monde ».
(Jn 3,16)
Pour la philosophie des « Lumières », le monde n’a pas besoin de l’amour de Dieu ; le monde est autosuffisant ; et Dieu n’est pas en premier lieu Amour.

Dans cette perspective, Il est plutôt une intelligence qui connaît de toute éternité. Personne n’a besoin de son intervention dans le monde existant, qui est autosuffisant, transparent à la conscience moderne, toujours plus affranchi des mystères grâce à la recherche scientifique, toujours plus étroitement soumis à l’homme comme une inépuisable mine de matière première, à l’homme démiurge de la technique moderne.

Et c’est précisément ce monde-là qui doit rendre l’homme heureux… [ …] Jésus fait ainsi comprendre que le monde n’a pas la faculté de donner à l’homme un bonheur absolu. Il peut même devenir source de malheur. Ce monde qui se présente comme un grand chantier, ce monde où se mettent en application les découvertes des sciences et des techniques, les progrès de la civilisation, le système moderne des moyens de communication, l’ordre fondé sur les libertés démocratiques, etc. - eh bien, ce monde est incapable de rendre l’homme heureux." (p. 98)

"Le monde ne peut délivrer l’homme de la souffrance et encore moins de la mort.

Le monde tout entier est périssable, comme le souligne saint Paul dans l’Epître aux Romains : il est soumis à la corruption et au pouvoir de la mort. L’homme aussi, dans sa dimension charnelle. L’immortalité n’est pas de ce monde ! L’homme ne peut la recevoir que de Dieu. Voilà pourquoi le Christ parle de l’amour de Dieu, qui se manifeste dans la venue du Fils unique, afin que l’homme « ne périsse pas, mais obtienne la vie éternelle ». (Jn 3,16)
La vie éternelle ne peut être donnée à l’homme que par Dieu ; elle ne peut être qu’un don de Dieu. Elle ne peut pas être donnée à l’homme par le monde créé. La création, et l’homme avec elle, a été « livrée au pouvoir du néant ». (Rom. 8, 20) p.99

« Sauver veut dire délivrer du mal. Il ne s’agit pas seulement des maux de nature sociale, comme l’injustice, la contrainte, l’exploitation ; ni seulement des maladies, des catastrophes, des cataclysmes naturels, de tout ce qui dans l’histoire de l’humanité est considéré comme un malheur.

Sauver veut dire délivrer du mal radical et irréversible. Même la mort n’est pas un mal irréversible puisqu’elle est suivie par la Résurrection » (p. 119)

Jean-Paul II : Entrez dans l’Espérance