Consultation et dialogue sont facteurs de vrai développement

Quand des religions se définissent d’abord par des atteintes aux libertés, elles trahissent leur propre message et tuent ce qu’elles prétendent défendre.

Ce qui est vrai des civilisations l’est aussi des religions : seule la liberté de penser, de s’exprimer et de créer, seule la confiance faite aux hommes - et aux femmes -, seuls la consultation et le dialogue sont facteurs de vrai développement.

Quand des religions se définissent d’abord par des atteintes aux libertés, par l’imposition d’un ordre oppressif, elles trahissent leur propre message et tuent ce qu’elles prétendent défendre.

L’actualité chrétienne de ces dernières décennies a montré que le message évangélique se portait bien mieux quand des théologiens comme Yves Congar, Marie Dominique Chenu ou Karl Rahner avaient toute liberté de réfléchir et d’enseigner.

Le drame de l’islam contemporain, c’est que, presque partout, les penseurs sont sous haute surveillance, et qu’ils risquent leur vie lorsqu’ils font des propositions allant dans le sens de la libre recherche et du pluralisme des expressions de foi.

Il y a encore quelques dizaines d’années, des hommes comme l’Afghan Djamal Din Afghani, les Egyptiens Mohamed Abdou, Khaled Mohamed ou Taha Hussein, le Libanais Rashid Ridat, l’iranien Sayed Nasr ou le père spirituel du Pakistan Muhammad Iqbal, qui ont cherché à renouveler la pensée théologique de l’islam - parce que tout ce qui est vivant se renouvelle -, étaient écoutés et étudiés dans le monde musulman : cela est devenu aujourd’hui quasiment impossible.

Tous, de plus, sont morts et ceux qui marchent aujourd’hui sur leurs traces : les AIgériens Mohamed Arkoun et Ali Merad, ou le Tunisien Mohamed Talbi, pour ne citer que ceux que l’on entend un peu en France, sont généralement vomis par les militants de l’islam « radical » . Or Dieu ne veut sûrement pas cela, Lui qui a donné aux hommes la faculté de penser ..

Extrait de « Nous avons tant de choses à nous dire : Pour un vrai dialogue entre chrétiens et musulmans » par Rachid Benzine et Christian Delorme (p 212)