Nous luttons contre une montagne de problèmes politiques, économiques, culturels et sociaux.

Pour désarmer la violence, il faudrait dire bonjour plus souvent, aimer les gens, les connaître, communier.

Pour désarmer la violence, il faudrait dire bonjour plus souvent, aimer les gens, les connaître, communier. Ces exigences évangéliques que je vis si mal me dérangent plus que l’incident qui les rappelle à mon bon souvenir. Nous luttons contre une montagne de problèmes politiques, économiques, culturels et sociaux. Si j’étais resté à la banque, si j’avais pris des responsabilités politiques, j’aurais eu plus de moyens financiers.

Cependant, « la tragédie de l’Eglise, observe Shane Claiborne, n’est pas que les chrétiens riches se désintéressent du sort des pauvres mais qu’ils ne connaissent pas les pauvres. » Jésus ne donnait pas d’argent : il rencontrait ceux qui croisaient sa route. Seules ces rencontres peuvent, comme une graine, percer les carapaces : « Le Royaume de Dieu est la plus petite de toutes les semences du monde ; mais quand on l’a semée, elle monte et devient plus grande que toutes les plantes potagères. »

Les désordres sociaux sont profonds. Mais c’est par là aussi que la conscience accède à la Lumière. Mystère de la Croix : la rédemption naît d’un cadavre ! « Scandale pour les Juifs et folie pour les païens ! » Pourtant, cette métamorphose pascale soulève par étapes l’humanité entière. Au cœur de la seconde guerre mondiale, le 15 novembre 1942, Pierre Teilhard de Chardin prophétisait : « La crise que nous traversons est de « signe positif ». Ses caractères sont ceux, non d’une désagrégation, mais d’une naissance. Ne nous effrayons donc pas de ce qui à première vue nous semblerait être une discorde finale et universelle. Ce que nous subissons n’est que le prix, l’annonce, la phase préliminaire de notre unanimité. »

Henry Quinson : « Moine des Cités » p. 165

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