Mémoires du F. Charles Bonnet (suite) LE JUVENAT

Eh bien ! croyez-moi, cette vie du juvénat, en dépit de l’attachement à ma famille, a été une vie de bonheur.

Pour moi, c’était l’aventure, combien exaltante pour un gosse de 10 ans à peine : 300 km loin de sa famille pour un an. Eh bien ! croyez-moi, cette vie du juvénat, en dépit de l’attachement à ma famille, a été une vie de bonheur. Mes vacances en famille me paraissaient toujours trop longues, et puis, j’avais perdu un peu l’habitude de « garder les vaches », ou de faire les foins : l’étude, la lecture, la vie équilibrée de Franois me convenait de plus en plus. Quand je pense au numéro-de-garçon que j’étais ! Combien de fois n’ai-je pas manqué le catéchisme de notre curé, après la classe ? Et c’est moi à qui le Seigneur fait signe, alors qu’un autre de mes frères semblait mieux disposé. Il fondera un foyer dont l’un des fils deviendra Frère Mariste.

Etais-je vraiment motivé dans ma vocation ?

Pourtant, au juvénat, je n’ai pas eu que de bons exemples. Un surveillant, quelque peu pédéraste, faisait souvent des avances à quelques jeunes dont j’étais. Cela m’a posé quelques problèmes vis-à-vis de la pureté. Mis à part ce point grave, j’ai trouvé grande satisfaction, tant au point de vue ambiance, études et valeur du corps professoral. C’était tout de même une vie faite à la fois de fermeté et de justice, dans le but de former des hommes.
Je garde un excellent souvenir des Directeurs MORIZON et DURET : hommes de cœur et de bon sens.

Etais-je vraiment motivé dans ma vocation ? Je ne le crois pas. Je trouvais les prières longues, les stations à la chapelle pénibles ; mais l’ambiance générale me soutenait.

(Mémoires inédits de fr Charles Bonnet)

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