Marie, figure de la femme et « libératrice »

L’image de Marie évolue : non plus d’abord la passivité, mais le courage, l’audace et la liberté d’une fille d’Israël.

Il faut signaler aussi une attention nouvelle donnée à Marie comme figure de la femme, en lien avec toutes les questions posées aujourd’hui sur le rôle de la femme dans l’Église et la société.
C’est un point d’anthropologie féminine chrétienne : les mouvements féministes critiquent volontiers l’image de Marie comme représentation d’un idéal féminin de passivité, d’effacement, de silence, de modestie, d’obéissance et de résignation.

Sans doute, au cours de l’histoire, des projections culturelles ont-elles exagérément et unilatéralement marqué cette image. Une prise en compte plus complète et plus biblique du mystère de Marie (en particulier le « ministère » qui lui est propre) peut certainement apporter des éclairages nouveaux.

On souligne ainsi la liberté audacieuse de Marie dans son Fiat, le « virus révolutionnaire » du Magnificat, qui déplaisait tant à Ch. Maurras. L. Boff voit dans la figure de Marie la plus grande figure libératrice en Amérique latine. C’est ainsi l’image de Marie qui évolue : non plus d’abord la passivité, mais le courage, l’audace et la liberté d’une fille d’Israël. Marie, fille de Sion, est célébrée.

Sur ce point de la féminité, il convient de signaler l’appel aux sciences humaines, en particulier à la psychologie des profondeurs pour analyser le sens du modèle de Marie dans la vie des consciences.

( Bernard Sesboüé : « Marie », ce que dit la foi- page 49)