A Noël, Dieu tient sa promesse

Dieu tient-il toujours ses promesses ? A Noël, Dieu tient sa promesse, mais de façon déconcertante.

Dieu tient-il toujours ses promesses ?

Voici l’Avent. Le temps des promesses. Les dimanches se succèdent et à chaque fois la « Parole du Seigneur », par la voix d’un prophète, proclame l’imminence d’un avenir radieux :
« Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda » (Jérémie 33, 14) ;
« Jérusalem quitte ta robe de tristesse et de misère … car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice »
(Baruch 5 , 1-19) ;
« Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Eclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a écarté tes accusateurs, il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur »
(Sophonie 3, 14-1) …

Ces textes nous touchent et nous interrogent d’autant plus qu’aujourd’hui, Jérusalem et la terre d’Israël se trouvent au centre de violence qui déchirent notre monde. Les promesses de Dieu ont plus de 2.000 ans, et leur réalisation semble durement contredite. Allons-nous leur faire confiance ? N’est-il pas plus réaliste de le les accueillir avec un scepticisme résigné ?
Déjà le prophète Jérémie n’hésitait pas à interpeller Dieu avec véhémence :
« Ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur… Pourquoi ma souffrance est-elle continue ? Vraiment tu es pour moi comme un ruisseau trompeur aux eaux décevantes »
(Jr 15, 18).
Et Dieu répond : « Je suis avec toi pour te sauver et te délivrer » (Jr 15 20). Mais nous savons que le prophète a poursuivi sa mission dans des conditions douloureuses.

Que valent donc les promesses ? Sont-elles faites pour être tenues ?
La question ne se pose pas seulement à propos de la Bible. Nous avons vu des systèmes idéologiques et des empires promettre des lendemains qui chantent. Ils se sont effondrés. Plus prosaïquement, l’inflation des promesses électorales nous laisse perplexes.

Alors, d’où vient que les promesses bibliques gardent pour moi, comme pour beaucoup d’autres, une solidité qui nous fait tenir bon ? La question est sérieuse : Dieu tient-il ses promesses, oui ou non ?

A une telle question il n’y a d’autre réponse que celle qui passe par l’expérience. Cela suppose que l’on fasse confiance à la fidélité de Dieu.
Dans un premier temps, il faut bien admettre que souvent Dieu nous déçoit. Ce qui arrive est en décalage par rapport à notre attente. Or, c’est précisément cela qui nous ouvre à la nouveauté et nous permet de découvrir la présence de Dieu à où nous ne l’aurions pas imaginée.
Quand Dieu ne répond pas à nos désirs immédiats, c’est qu’il nous appelle à l’accueillir tout proche, au cœur des réalités les plus quotidiennes – et souvent les plus éprouvantes. Dieu est avec nous, mais de façon beaucoup plus humble et cachée que nous ne l’avions rêvé.

Les prophètes d’Israël annonçaient que Dieu agirait puissamment en faveur de son peuple. A Noël, Dieu tient sa promesse, mais de façon déconcertante. Un bébé : y a-t-il réalité humaine plus démunie ? Et pourtant cet enfant, c’est Dieu lui-même, « Dieu parmi nous », en toute réalité. Cela jamais personne auparavant n’aurait osé l’imaginer.

Sr Christiane Hourticq, Auxiliatrice
(paru dans le Journal La Croix le 2 décembre 2006)