Marilyn Manson : une œuvre esthétique et aux allures violente et psychédélique

Les adolescents, fascinés, s’identifient aisément à un personnage qui incarne avec excès ce qu’ils éprouvent.

Pour reprendre l’exemple type de Marilyn Manson il est aisément concevable d’imaginer que les adolescents, fascinés par le personnage et déjà sujets à une physiologie instable dès lors qu’ils entrent dans la phase de la puberté et enclins de fait à une psychologie plus ou moins ambivalente puissent aisément s’identifier à un personnage qui incarne avec excès ce qu’ils éprouvent et subissent confusément à l’intérieur d’eux-mêmes.

À travers les mécanismes savamment orchestrés d’un concert, mécanismes lumineux, acoustiques et poétiques dirions-nous, derrière chacune des chansons, le spectateur répond et réagit pour ainsi dire à l’unisson de ce qu’il voit, danse et éprouve quant à lui dans un désir exacerbé de faire corps avec ce à quoi il assiste. Et c’est à cet instant que les choses se complexifient à cause de la teneur de très nombreux messages et autres suggestions ponctuées dans un ensemble, une œuvre non seulement esthétique mais aussi passablement animée et aux allures violente et psychédélique.

Benoît Domergue : « Culture Jeune et ésotérisme » p. 71