« CROIRE » conditions de la foi (Jean 12/ 44-50 )

Que de fois, ai-je entendu cette affirmation, aussi forte qu’évasive ; « je suis croyant » L’expression dit peut-être davantage que ce que je sais entendre … mais je dois reconnaître que je reçois souvent cette affirmation, comme un état immobile, et passif…L’acte de croire suppose de ma part disponibilité et adhésion à une parole. (P. Gabriel Perret - mai 2014)

Si mon interlocuteur sait qui je suis, sans doute veut-il établir une connivence plus forte que ce que je suppose ! Quand des messieurs me disent que, tout jeunes, ils ont été « enfants de chœur », je les crois, je l’ai été aussi.
Mais pourquoi presque spontanément s’installe en moi, sinon un doute, du moins une question « et depuis qu’y-a-t-il eu ? » Mais cette question je la garde au fond de moi !

Croire cierge pascal

Entre dire « je suis croyant » et dire « je crois »… il y a du chemin possible ! Il y a de la place qui peut aller de la pleine adhésion, à l’indifférence, et on sait qu’il peut y avoir un rejet affirmé !

Au temps du Christ déjà, la foi naissante renvoyait à des comportements contrastés
incrédulité, ou endurcissement de la part de beaucoup, d’autres restant des croyants secrets, refusant de s’afficher comme tels, pour se protéger par exemple d’une exclusion de la synagogue…

Aujourd’hui, si je pose la question « est-ce que vous avez la foi ? » beaucoup me répondent « je ne pratique pas »
Un peu taquin, je leur fais remarquer que ce n’est pas cette question que je leur ai posée !
Sur leur lancée, il m’arrive de poursuivre « alors… si je comprends bien, l’Eglise ne vous fréquente pas beaucoup ! »
Eh bien croyez-moi, « ça fait bouger les lignes, » comme on dit ; certains se remettent en question et disent « c’est pas l’Eglise, c’est nous »…. « Je ne me serais pas permis, mais si vous me le dites…. je vous crois ! »

L’acte de croire est de l’ordre du courage, d’une relation affirmée, assumée…. Est-ce que pour beaucoup de fidèles qui se font « pratiquants » l’acte de foi ne se limite pas à un moment pour la messe ? Mais est-ce une affirmation de plein vent, à même la rue ? Ecrivant cela, m’est revenu ce souvenir que je vous partage….

Témoignage personnel :

Au cours de vacances que je partageais en famille, sur la place du village où nous logions, 2 filles nous accostent « pour- disent-elles – nous poser une ou deux questions¨ ! Je me souviens de la première : c’était celle-ci "est-ce que vous croyez en Dieu ?" Déjà mes accompagnateurs se sont légèrement écartés, comme si la réponse devait forcément venir de leur frère prêtre ! Ces demoiselles connaissaient-elles mon identité ? J’ignore ! « est-ce que vous croyez en Dieu ?" Je réponds : « oui »

Alors vient une deuxième question "pourquoi croyez-vous en Dieu ?". Je n’ai pas réfléchi ; et je me suis entendu leur répondre « je crois en Dieu parce que Lui croit en moi ». Une des deux dit à sa copine "Note çà, c’est intéressant" A quoi et à qui était destinée leur enquête ? je ne sais pas, Je ne les ai pas revu ! (je n’ai vu nulle part la trace de ce moment furtif, d’un échange rapide, qui parfois à notre insu peut devenir témoignage ! ) Mais cette brève entrevue me revient souvent à l’esprit.

Celui en qui je crois m’attire, il me fait disciple !

L’acte de croire suppose de ma part disponibilité et adhésion à une parole.
D’où l’importance dans la pastorale en paroisse, par exemple, de faire une bonne place dans l’accompagnement de celles et ceux que l’Eglise fréquente peu … afin de les aider à « dire quelque chose de ce qu’ils croient » parents pour le baptême de leur enfant, futurs mariés….
Ce sont des situations que vous soupçonnez bien !

Expliciter « ce Credo » que l’Eglise nous fait proclamer de dimanche en dimanche.

Dire « je crois » c’est dire l’évènement de Jésus-Christ. Ainsi, notre expression de foi, ne s’en tient pas à ces quelques versets que nous avons sous les yeux….
On ne peut passer dans l’oubli la révélation déployée dans le mystère de la semaine sainte, dans sa mort et sa résurrection, et nous avons la chance de l’approfondir et de continuer à le célébrer dans le temps post-pascal.

Intervention du P. Gabriel Perret à ND de l'Hermitage en mai 2014 -  Word - 39.5 ko
Intervention du P. Gabriel Perret à ND de l’Hermitage en mai 2014

La Pâque manifeste que Dieu mérite notre foi.

L’heure du Christ, celle pour laquelle il est venu en ce monde, est bien l’heure centrale, et la passion résurrection est en même temps la source et l’épreuve de notre foi.

Quand nous sommes, comme ici, au cœur de la foi, nous ne pouvons gommer le chemin des croyants dans la Bible avec tant de doutes, et de remises en question. C’est la difficulté à croire décrite en Isaïe
« il a aveuglé leurs yeux et a endurci leur cœur pour qu’ils ne voient pas de leurs yeux, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas »

(Heureusement que le même Isaïe hier, nous disait comme le contraire !)

Extrait de l’intervention du P. Gabriel Perret à la retraite spirituelle
des Frères Maristes à N.D. de l’Hermitage (St-Chamond - 42) en mai 2014

-> Pour écouter la fin de l’exposé du P. Gabriel Perret. Elle comporte 2 prières

A quoi engage le baptême ?

=⇒ Jean Vanier, fondateur de l’Arche, parle du mystère de la foi.

Documents à télécharger