Homélie pour le 15e dimanche du Temps Ordinaire, année A

La Parole de Dieu - son efficacité

Ces derniers jours beaucoup de gens se sont plaints de la pluie. On en a eu assez. Mais dans un climat sec et aride comme celui du pays d’Israël par contre, la pluie est une bonne chose et une bénédiction. Elle fait fructifier la terre. Elle permet de travailler la terre et de récolter ce qui est nécessaire pour vivre. D’où l’image du livre du prophète Isaïe et la comparaison de la pluie avec la Parole de Dieu :

Blé champ

La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole ne me reviendra pas sans résultat, …
La Parole de Dieu est donc une bénédiction pour les hommes, une source de vie. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur.

La Parole de Dieu atteindra son but

Non seulement la Parole de Dieu est une bonne chose, elle atteindra aussi son but. Telle est la conviction du Seigneur. En effet, la parole du Seigneur adressée à son prophète est pleine de confiance. Le Seigneur en est convaincu que sa Parole fera son travail, accomplira sa mission et rendra possible que l’homme se nourrisse et qu’il vive de ce que Dieu lui donne. Tandis que la pluie peut causer des catastrophes et même détruire des récoltes, la Parole par contre atteindra toujours son but.
« Elle ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission »,

dit le Seigneur. Quelle confiance de la part de Dieu.
Son projet pour l’homme réussira, quoi qu’il arrive.

C’est à travers Marie que j’ai rencontré le Christ, non comme un personnage, mais une personne bien vivante.

La Parabole du semeur

C’est sans doute dans une même confiance que baigne la parabole de Jésus, la parabole du semeur. Ce qui compte dans cette parabole est que le semeur sème. Il sème sans trop se soucier d’où tombent les grains. Il est très généreux.
L’importance pour lui est de semer.

C’est une image de la générosité et de la confiance de Dieu. Jésus s’inspire ici sans doute de la réalité de la vie dure de beaucoup de paysans en Galilée. Dans une situation dans laquelle il fallait payer énormément de tributs et d’impôts (jusqu’à la moitié de la production), ils semaient même sur des sols pierreux, au milieu des chardons et jusque sur des parties qui étaient utilisées comme chemins. C’était une question de survie et de ne pas tomber dans l’endettement. Ainsi Dieu fait tout pour que sa parole porte des fruits.

La Parole se heurte à des échecs et à des refus

Jésus par contre, et sans doute aussi l’Église du premier siècle, constate que la mission de la Parole se heurte à des échecs et à des refus. Les grains ne sont pas toujours accueillis dans la bonne terre. Ils tombent sur le bord du chemin où les oiseaux les mangent ; ils tombent sur le sol pierreux où ils n’ont pas beaucoup de terre pour prendre racine ; ou ils tombent dans les ronces où ils étouffent.
Comment cela se fait-il que la Parole de Dieu n’atteint pas toujours son but et ne réussisse pas toujours dans sa mission.
Cela est-il dû au semeur ? Ou à la qualité de la semence ?
Non, cela est dû à celui qui reçoit la Parole dans son cœur et surtout à la manière de la recevoir.

Nombreux sont ceux qui se mettent au service de la Parole en utilisant Internet

Bible manuscrit

« Celui qui a des oreilles qu’il entende », dit Jésus.
Par contre dans son commentaire à ses disciples le verbe « comprendre » revient à quatre reprises. Il n’est pas suffisant d’entendre la Parole de Dieu. Il faut aussi la comprendre, l’interpréter, l’accueillir et la faire faire son travail.
Il faut que la Parole puisse descendre en nous et se donner à nous, comme un grain de blé qui descend dans la terre et y meurt.
Il faut que la Parole puisse germer en nous et qu’elle puisse croître ; il faut qu’elle donne du fruit. C’est tout un processus de transformation.

La Parole reçue est le début de quelque chose de neuf et d’inouïe.

« Celui qui a recevra encore, dit Jésus, et il sera dans l’abondance. »
Celui qui a cette attitude d’accueil, et qui veut comprendre et se laisse transformer par cette parole, en connaîtra le fruit. De cette attitude les disciples en font preuve. Ils ont suivi Jésus et ont changé leur vie.

L’écoute de la Parole les a conduits à rencontrer Quelqu’un

Mais comment est-il possible que la <Parole de Dieu n’éveille pas ce désir de comprendre ?
Jésus donne quelques réponses. Soit le cœur des hommes est endurci. Le cœur ne se laisse pas toucher. C’est alors que
« le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans le cœur de l’homme »
.
Soit l’homme ne prend pas de recul ou le temps nécessaire pour accueillir la parole en toute sa richesse. Il est l’homme d’un moment. La parole n’a donc pas le temps de prendre racine et de donner des fruits comme la foi, l’espérance, la charité.
« Quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, on tombe aussitôt. »

Soit l’homme est mangé par les soucis du monde et les séductions de la richesse. L’homme n’est donc pas assez libre pour se soumettre aux enseignements de la Parole. Il a d’autres dieux. Son attention est divisé. Il est pris par autre chose.

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Bible expo

Comprendre, c’est donc se convertir. Mais celui qui a peur de changer et de perdre, se ferme davantage et devient dur.
Le cœur de ce peuple s’est alourdi, constate Jésus : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n’entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu’ils ne se convertissent pas.

Oui, comprendre, c’est se convertir. Cela nous pose la question : qu’est-ce qui m’empêche d’accueillir et de comprendre la parole de Dieu, de me convertir ? Quels sont les freins ou les obstacles ? Qu’est-ce qui me fait peur ? Est-ce que je prends le temps pour accueillir la parole de Dieu et son amour ? À quoi est-ce que je suis si attaché que je ne puisse donner de l’espace à la parole de Dieu ?

C’est le Christ qui nous guérit

En revanche accueillir et comprendre la parole de Dieu ne veut pas dire que les fruits de notre conversion dépendent uniquement de nous. Bien au contraire. Jésus dit :
« Le cœur de ce peuple s’est alourdi : pour que leur cœur ne comprenne pas et qu’ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! »

Vouloir se convertir est une chose ; cela dépend de notre responsabilité. Mais tout le travail qui doit se faire et la récolte des fruits, est une autre chose. Là, c’est le Christ, le Verbe de Dieu fait chair, qui est à l’œuvre. C’est lui qui nous guérit. Au moment de le recevoir à la communion ne disons-nous pas :
« Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »

Oui, le « fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un » est l’œuvre du Seigneur et de son Esprit.

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Toute notre vie est donc comme « un enfantement ».

Saint Paul écrit :
« Nous aussi nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoptions et la délivrance de notre corps. »

Nous attendons à ce que l’amour de Dieu atteint en nous toute sa mesure. En effet, nous sommes comme une œuvre d’art que Dieu est en train de créer et dont lui seul en connaît le résultat. L’Esprit qu’il nous a donné, fait que nous aspirons aussi à ce résultat. Et la confiance de Dieu que son œuvre d’art se réalise reste intacte :
« Ma parole ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. »

En Jésus, elle a atteint sa perfection. L’Esprit que nous avons reçu, est le gage qu’en nous la mission de la Parole s’accomplira également.

Paris, Paroisse St-Dominique – 13/07/2014