La résurrection, les apparitions, le texte de Paul

ResurrectionSavines vitraux Dans la 1re lettre aux Corinthiens, datant de l’an 54 environ, Paul rappelle la tradition reçue des premiers croyants. Comme dans les récits évangéliques rapportant les apparitions de Jésus aux siens, seuls des croyants peuvent voir et reconnaître leur Seigneur.

Mais revenons au motif de la Résurrection. Paul insiste sur ce point précis à l’encontre de certains judéo-chrétiens qui récusaient son autorité apostolique :
« Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus, notre Seigneur ? »
(1 Co 9, 1).
Dans cette même lettre, datant de l’an 54 environ, il rappelle en ces termes la tradition reçue des premiers croyants :
« Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’ai moi-même reçu : Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures. Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. Il s’est fait voir à Képhas (Pierre), puis aux Douze. Ensuite il s’est fait voir à plus de cinq cents frères ; la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. Ensuite, il s’est fait voir à Jacques (le frère du Seigneur), puis à tous les apôtres. En dernier lieu, il s’est fait voir à moi (Paul), l’enfant posthume »
(1 Co 15, 3-8).

On relèvera ici les deux listes conjointes. Apparemment il s’agit, d’une part, des témoins qui suivaient déjà Jésus avant sa mort, tel Pierre et le groupe des Douze dont Pierre était le premier membre (Mc 3,16-19), et, d’autre part, des témoins qui l’ont rejoint après Pâques, tel Jacques, le frère de Jésus, devenu le dirigeant des judéo-chrétiens de Jérusalem (Ga 2,9 ; Ac 15,13 ss).

Jacques est accompagné des apôtres, ici distingués du groupe des Douze.
Mais on remarquera surtout l’insistance mise sur la rencontre avec le Ressuscité, celui qui s’est fait voir aux siens et que l’on a clairement vu. On relèvera le caractère concret de cette rencontre, sans pour autant préciser les modalités d’une telle expérience du Ressuscité.

Seuls des croyants peuvent voir et reconnaître leur Seigneur

Comme dans les récits évangéliques rapportant les apparitions de Jésus aux siens (Mt 28,16-20, Lc 24,36-49 ; Jn 20, Il à 21,25), seuls des croyants peuvent voir et reconnaître leur Seigneur.
Les disciples d’Emmaüs l’ont d’abord côtoyé sur le chemin, mais sans le voir dans sa réalité nouvelle (Lc24,13-35). Ce qui veut dire que de telles expériences du Ressuscité entrent et n’entrent pas, à la fois, dans le champ de l’histoire humaine. Elles le dépassent.
Les autres récits d’apparition à Pierre, aux Douze et à d’autres encore sont du même type, en sorte que l’historien enregistre ces témoignages, sans jamais pouvoir en restituer la photographie.

→A ECOUTER : A partir de quelles sources on connaît l’histoire de Jésus ?

Pour un croyant du moins, la foi en la Résurrection touche l’histoire de Jésus et sa propre histoire aussi. il n’en tire pas pour autant la conclusion que l’investigation historique en arriverait à prouver la foi. Tout en s’appuyant sur l’histoire, la foi relève d’un autre ordre.
Enfin, on relèvera combien les femmes sont présentes dans ces récits de résurrection (Mc 16, 1-8 ; Le 24, 2 s), comme si leur témoignage portait à conséquence. Ce qui à l’époque paraissait inimaginable.

Ch.Perrot, « Jésus » p. 120

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