Qui est Jésus ? ( 1 / 2 )

Jesus logo icone Mais d’abord, historiquement, Jésus a-t-il existé ? Jésus ne s’est pas imposé brutalement dans notre monde - Jésus était-il vraiment un humain comme nous ? (D’après l’exposé donné au Cours Alpha le 13 janvier 2005)

Mais d’abord, historiquement, Jésus a-t-il existé ?

Il ne vient à l’idée de personne de mettre en doute l’existence de Jules César ou d’Alexandre le Grand. C’est que ces personnages ont marqué l’histoire de leur temps en s’imposant de manière indubitable par leur action politique, les guerres qu’ils ont conduites, leurs richesses, parfois leur cruauté.

Rien de cette sorte pour Jésus. Pas de coups de canon pour marquer sa naissance comme il arrive le pour le fils d’un roi. C’est comme les pauvres qu’il va naître. Il naît au cours d’un voyage et ses parents ne peuvent trouver de place à l’hôtellerie.

On ne sait rien, ou presque rien, de sa jeunesse. Lui qui allait marquer si profondément l’Empire romain passe à peu près inaperçu des autorités d’alors, et des historiens de cette époque. Drôle de manière de s’introduire dans l’histoire des hommes.

Au premier abord on est surpris, déçus parfois. Certains en conçoivent même du mépris pour le fondateur du Christianisme.
C’est arrivé à beaucoup d’intellectuels de l’époque moderne.
Mais le croyant vous dira que ce n’est pas étonnant. Ce n’est pas la première fois qu’il en est ainsi. C’est une des manières de faire de Dieu.
Jésus lui-même saura expliquer cela de façon imagée comme il savait le faire. Le Royaume de Dieu, dit-il, est comme un grain de moutarde, la plus petite des graines. Mais quand on la met en terre elle grandit, devient un grand arbre où vont se percher les oiseaux. Cette prédiction s’est réalisée, on ne peut en douter.

→A ECOUTER : A partir de quelles sources connaît-on l’histoire de Jésus ?

Jésus ne s’est pas imposé brutalement dans notre monde.

Il a accordé à ses contemporains tout le temps qu’il leur fallait pour découvrir qui il était. C’est par ses actions, son enseignement, ses miracles qu’il a montré sa vraie nature.

La « graine de moutarde » est sortie de terre. Ses disciples qui n’étaient pas de prodiges de culture mais des hommes ordinaires vont constituer un ferment qui, peu à peu, va bouleverser, révolutionner la société de leur temps. Ils deviendront bientôt très nombreux et affirmeront leurs convictions jusqu’à braver la mort. Ils pénétreront dans tous les milieux y compris la haute société romaine.
C’est alors que les historiens commenceront à se poser des questions. Qui sont ces chrétiens ? D’où sortent-ils ? Qui est à l’origine de cette secte, comme on disait alors ?.
Jésus est donc rentré dans l’histoire officielle à cause de ses disciples, disons de l’Eglise. A ceux qui ont cherché à nier son existence on a toujours fait la même objection : mais alors comment expliquez-vous la naissance de l’Eglise ? A cela ils n’ont pas trouvé de réponse.

Cela ne veut pas dire que l’existence de Jésus est totalement ignorée des écrivains profanes de son époque. Pour rester bref citons seulement : Tacite, Suétone, Pline le Jeune et Flavius Josèphe.

Mais évidemment l’essentiel de ce que nous savons sur Jésus nous vient des écrits chrétiens, cette partie de la Bible que nous appelons le Nouveau Testament. La matière est abondante.

Faut-il croire les Ecritures ?

Mais Jésus était-il vraiment un humain comme nous ?

St Paul affirme qu’il était pleinement homme
« en tout semblable à nous excepté le péché ».

Quand on lit l’Evangile de St Marc, le plus ancien des évangiles, il saute aux yeux que Jésus était pleinement homme. On le voit dans sa vie concrète parmi ses contemporains qui n’ont jamais douté de son humanité. L’Evangile de Jean, le plus récent, présente lui aussi des récits criants d’humanité. Il suffit de rappeler celui dit de « La Samaritaine » au ch. 4 ou de la résurrection de Lazare au ch. 11.

Pour conclure sur ce point voici ce que dit un théologien de notre temps, le Père Jacques Guillet :
"Ses mots, ses gestes sont presque toujours inattendus et s’imposent comme les seuls qui vaillent, répondant exactement à la situation et valables pour toujours. La figure des Evangiles ne s’explique ni par un portrait composé par quelque génie ni par une légende accumulant autour d’un souvenir vénéré les rêves et les élans du christianisme naissant ; elle a la consistance et l’individualité d’un être vivant, d’un homme de notre race qui nous surprend toujours, et dont chaque trait nous est compréhensible et porte la marque de notre humanité.
(page 16)
« Jésus-Christ dans notre monde » de Jacques Guillet (D. de Brower 1974)

→ A ECOUTER : Jésus devait apparaître comme un homme étrange

Ce que Jésus a dit de lui-même.

Comme on a vu au début de cet exposé Jésus ne s’est pas révélé de manière brutale. Ceux qui le fréquentaient ont découvert progressivement sa vraie nature. S’il avait dit de but en blanc c’est moi le messie, le Fils de Dieu, il est probable qu’on l’aurait pris pour un illuminé.

Il est vrai que l’Evangile de Jean nous présente certains discours qui semblent contredire cette manière de faire de Jésus. En fait cet évangéliste, comme certains écrivains de son temps, prête à son héros des discours que celui-ci n’a jamais prononcé ainsi.
C’est un procédé littéraire, une manière concrète et vivante d’exposer la doctrine de Jésus, telle que la comprenait la communauté chrétienne à la lumière de la résurrection de Jésus, un demi-siècle plus tard.

Reprenons quelques-unes des paroles que Jésus a dites de lui-même :
Le Manuel d’Alpha, p. 4 et 5, propose 16 citations. Il n’est pas possible de toutes les reprendre ce soir.

Voici un exemple, pris dans l’évangile de Marc au ch. 2 (Marc 2, 5)

Jésus est en train de prêcher. La foule se presse autour de lui. On aime l’entendre.
« Jamais aucun homme n’a parlé comme celui-ci »

diront un jour des gardes que leurs chefs ont envoyés pour l’arrêter.
Mais surtout il fait des choses extraordinaires. Il réalise des miracles qu’on a jamais vus. On lui amène sans cesse des malades pour qu’il les guérisse.

Voici précisément 4 gaillards audacieux qui portent un paralysé sur une civière. Impossible d’approcher, il y a trop de monde. Alors, tout simplement, ils vont monter sur la terrasse de la maison et le font descendre devant le prédicateur en pratiquant un trou dans le toit. Ce n’était pas des maisons aux toitures solides comme les nôtres. Ce doit être spectaculaire. Tout le monde est attentif. Que va faire Jésus ?

On s’attend à une guérison rapide : déception ! Il dit seulement au malade :
« Mon fils tes péchés te sont pardonnés. »

Très bien ! Mais le paralysé est toujours étendu sur son brancard. Les auditeurs ne comprennent pas. Les plus instruits parmi eux commencent à murmurer. En voilà une bien bonne ! Chacun sait qu’il n’y a que Dieu qui peut remettre les péchés. Pour qui se prend-il ? Quelle prétention de la part de ce prophète ! Aucun de ceux qui l’ont précédé n’a osé dire des choses pareilles !
On n’en reste pas là. Jésus relève le défi et reprend la parole :
« Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… »

il dit au paralysé :
« Je te dis, lève-toi, prends ton brancard et va dans ta maison ».

Et qu’arrive-t-il ? La colère de Dieu va-t-elle s’abattre sur ce prophète qu’ils ont devant eux. Tout au contraire, ses paroles sont suivies d’un effet immédiat. Le paralysé se lève ! Voilà un grand miracle, un grand « signe » par lequel Jésus révèle sa nature profonde. Jamais on n’oubliera cette scène et les trois 1ers évangélistes la rapportent.

Les affirmations directes
comme on le voit dans Jean 14, 9

La scène que rapporte l’évangéliste se déroule la veille de la mort de Jésus. Il leur parle de son Père. L’un des auditeurs, l’apôtre Philippe, qui aime les choses claires demande au maître :
« Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. »

La réponse est pour le moins surprenante, disons même absolument incroyable ! Jésus lui dit :
« Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘ Montre-nous le Père !’ Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? »

Dire cela à des Juifs pieux à qui l’on a toujours parlé du Dieu ‘Yaweh’ comme d’un Dieu unique, inaccessible, le Dieu du Sinaï, présent dans le tonnerre !

Et si l’on s’arrête un peu aux conséquences d’une telle affirmation ? Le Jésus, qu’on apercevra le lendemain, en train de mourir, cloué sur une croix, est-ce bien toujours le même ? Quand on voit ce supplicié on voit aussi le Père Eternel ? Il n’est pas étonnant que saint Paul ait pu parler de la croix de Jésus comme d’un scandale pour les Juifs et d’une folie pour les païens. Il faudra beaucoup de temps aux premiers chrétiens pour se faire à cette idée. Ils seront toujours gênés quand des païens représenteront leur Dieu comme un homme à tête d’âne cloué sur une croix ainsi qu’on le voit sur un graffiti très ancien dans une catacombe romaine avec la légende : « Alexamenos adore son Dieu ! »

Voici une autre scène. Elle a une importance capitale. Prenons-la dans Marc au ch 14 mais les autres évangélistes la rapportent également.

C’est au cours de son procès devant le grand Conseil des Anciens, le moment est solennel. Le grand prêtre se lève et dit à Jésus :
« Es-tu le Christ, le Fils du Béni ?
- Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »

Cette fois-ci, plus de doute possible. Le grand prêtre s’écrie :
« ’Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? ’. Tous prononcèrent qu’il était passible de mort. »

Qu’aurions-nous fait à la place des autorités juives ? Que penser de l’homme qu’ils avaient en face d’eux ? Etait-ce un fou ou bien le vrai Messie ? Mais s’il était le Messie attendu, comment expliquer qu’il était si différent de celui qu’on attendait, c’est-à-dire un roi, un grand chef de guerre, capable de rendre au peuple juif son indépendance politique ?
Dans l’histoire d’Israël les prophètes n’avaient pas manqué. Le difficile était de distinguer les vrais des faux. Il y avait bien une solution, c’est Jésus lui-même qui l’avait indiquée dans son enseignement. N’avait-il pas dit :
« On juge l’arbre à ses fruits ! »

C’est l’avenir qui allait montrer que ce Jésus qui se disait le messie, l’était vraiment mais il n’apportait pas une libération politique pour Israël c’était bien plus que cela.

Un texte résume bien cette partie de l’exposé.
A la page 5 du manuel du Cours Alpha

« Un homme, simplement homme, et qui dirait les choses que Jésus a dites ne serait pas un grand sage. Ce serait un fou (aussi fou que quelqu’un qui se prendrait pour Napoléon, ou bien le diable en personne. A chacun de juger.
Soit Jésus était le Fils de Dieu, soit il était fou ou pire encore. Mais ne nous permettons pas de déclarer pompeusement qu’il était un grand humaniste.
Jésus ne nous a pas laissé cette alternative. Ce n’était pas son intention. »
C.S. Lewis (Clive Staples LEWIS [1898 - 1963], critique et romancier britannique, professeur d’anglais de la Renaissance et du Moyen - Age à l’Université de Cambridge - Voir Nicky Gumble, les questions de la vie, p. 11)

-→ Pour lire la suite de cet exposé :