Fr. Varillon : La résurrection de Jésus

La résurrection ne peut pas être un prodige arrachant l’évidence

La résurrection ne peut pas être un prodige arrachant l’évidence ; elle ne peut être qu’une série de signes sollicitant la foi. Il faut bien remarquer ceci : ce sont ceux qui ont constaté de plus près le prodige qui ont refusé la foi, je veux dire les chefs juifs qui avaient fait garder le tombeau.

Rappelez-vous : ils n’avaient pas contesté la résurrection la résurrection de Lazare comme fait, car, pour le coup, c’était incontestable ! Ils avaient simplement conclu à l’urgence de supprimer Jésus : c’était là pour eux le sens du fait : puisque cet homme fait de réels prodiges, tous vont croire en lui et les Romains viendront détruire notre nation. Ils avaient ainsi illustré la réponse d’Abraham au mauvais riche de la parabole :
« S’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, ils ne croiront pas davantage un mort ressuscité »
(Lc 16, 31).

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Ce que les évangélistes veulent dire

Le danger, c’est de vouloir chercher à reconstituer ce qui a bien pu se passer au juste et de nous détourner de ce que les évangélistes veulent dire. Or ce qu’ils veulent nous dire, ce n’est pas ce qui s’est passé au juste, heure par heure ou jour par jour mais c’est nous introduire à une expérience, celle de la présence nouvelle de Jésus. Cette présence nouvelle n’est pas enregistrable : il ne peut plus être reconnu par le témoignage des sens. Il est tout autre. Non pas un autre, mais le même devenu tout autre.

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La question des apparitions de Jésus ressuscité

Parmi les signes qui sont donnés, un seul peut faire l’objet d’un constat : le tombeau vide. Pour les apparitions c’est autre chose. Nous pouvons être sûrs que les disciples d’Emmaüs, Marie de Magdala et les disciples, isolément ou en groupe, ont été seuls à voir et à entendre Celui qui se manifestait. S’ils avaient disposé de caméras ou de magnétophones, ils n’auraient rien pu enregistrer ni photographier. Ce qui leur est demandé c’est de témoigner.

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Les apôtres ne l’ont pas vu sortir du tombeau

Quand les apôtres disent : « Nous en sommes témoins » (Ac 5, 32), cela ne signifie pas : nous l’avons vu sortir du tombeau. Cela veut dire : nous sommes absolument certains que Jésus est vivant ; il a ouvert une fois pour toutes, en sa personne, les portes de la Vie véritable, c’est-à-dire qu’il est, Lui, la Résurrection. Et de cette certitude qui est plus qu’humaine, le don que nous faisons de nos vies jusqu’au martyre est le garant. C’est le témoignage !

François Varillon, extraits de ses conférences
cf "Joie de croire, joie de vivre", p. 90