Lectures pour les temps nouveaux

Emmanuel Mounier qui voyait venir la fin d’un monde avec la crise du capitalisme - Pierre Teilhard de Chardin : son apport à la pensée moderne et à la vie de l’Église.

« Lectures pour les temps nouveaux » (p. 119)

« Etre né entre les deux guerres et avoir eu vingt ans autour des années 1950, n’est pas indifférent à l’idée qu’on se fait de la personne, de la société et de l’Eglise. »

Emmanuel Mounier

« Il voyait venir la fin d’un monde avec la crise du capitalisme, le développement du fascisme, les compromissions de l’Eglise qu’il n’a, pourtant, jamais envisagé de quitter. » (p. 120)

Pierre Teilhard de Chardin.

« Teilhard, devenu jeune jésuite (…) est happé par le cyclone de la Grande Guerre, où il sert comme caporal - infirmier, au milieu des zouaves et des tirailleurs marocains, dans toutes les grandes batailles. » « La guerre marque profondément Teilhard. Il y a rencontré, à l’état brut, la mort, le mal, la tragédie et, en même temps, l’énergie, l’effort, la fraternité. » (p. 128)

« L’apport de Teilhard à la pensée moderne et à la vie de l’Église, nous apparaît aujourd’hui davantage comme un stimulant que comme un corps de réponses définitives. » (p. 132)

« Teilhard avait du génie car il a inventé un langage, dont il ne faut certes pas se sentir prisonnier, mais qui nous aide à appréhender les réalités dans des perspectives nouvelles : cosmogenèse, noosphère, orthogenèse, point oméga, loi de complexité - conscience… » (p. 130)

L’image du « Christ cosmique » n’est pas nouvelle ; on en trouverait les ébauches chez les Pères de l’Église. Mais elle reprend vigueur dans un monde où l’on déchiffre chaque jour un peu mieux les origines de la matière et du vivant ; où l’on explore avec de meilleurs instruments, les dimensions de l’Univers et la profondeur du Temps ; où l’on découvre le rôle de la complexité dans la gestion des choses et des hommes ; où la mondialisation apparaît comme une nouvelle étape de la vie de l’humanité, qu’il s’agisse d’environnement, d’économie, de solidarité, d’organisation de la paix ; où les nouvelles technologies de la communication offrent à cette mondialisation les outils de sa mise en œuvre ; où les sciences multiplient les occasions d’intervenir sur le vivant. Dans ce monde nouveau, on ne peut plus « dire Dieu » avec les concepts et les mots du monde d’hier. C’est là que Teilhard est irremplaçable.

« Dans une lettre de 1934, Teilhard synthétise ses convictions : ‘Je crois que l’Univers est une Évolution. Je crois que I’évolution va vers l’Esprit. Je crois que l’Esprit dans l’Homme s’achève en Personnel. Je crois que le Personnel suprême est le Christ universel.’ Voilà, sans doute, l’essentiel de l’héritage teilhardien : la création se poursuit sous nos yeux et, pour une part, fût-elle infinitésimale, de nos mains. Pour autant ‘la science seule ne peut découvrir le Christ’ . Teilhard précise : ‘La science sans la religion est une paralytique. La religion sans la science est une aveugle.’ (p. 131)