La candidature turque à l’Europe

On ne comprend rien à la candidature turque à l’Union européenne si l’on ne fait pas un effort de mémoire de l’histoire de ce pays.

La question de la candidature turque à l’Europe. (p. 143 et suivantes)

« On ne comprend rien à la candidature turque à l’Union européenne si l’on ne fait pas un effort de mémoire de l’histoire de ce pays. Histoire d’une grandeur impressionnante suivie d’une longue décadence, puis d’une chute brutale, il y a moins d’un siècle. » (p. 146)

« Il est clair que la question turque sera révélatrice du dynamisme européen ou de la frilosité d’un continent inquiet de l’hégémonie américaine et de la vitalité chinoise. »

« Les peuples turcs ont rencontré l’Islam au hasard de leurs pérégrinations avant de s’installer en Anatolie, puis, progressivement, à partir du XIIIe siècle, sur les territoires byzantins d’Asie Mineure, récupérant ainsi les restes de l’Empire romain d’Orient, comme les chrétiens avaient récupéré, quelque mille ans plus tôt, les restes de l’Empire d’Occident. » (p. 143)

« Au sommet de sa puissance, c’est-à-dire au XVIe siècle, l’Empire ottoman contrôle l’Europe balkanique jusqu’aux portes de Vienne, l’Asie Mineure jusqu’en Géorgie, la Syrie, la Mésopotamie jusqu’en Iran (le sultan est même protecteur de La Mecque), l’Egypte et toute l’Afrique septentrionale, Maroc non compris. » (p. 145)

« L’Empire ottoman devenu « l’homme malade de l’Europe » (notons bien « de l’Europe ») ne peut survivre à la formidable secousse de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il se trouve fâcheusement associé à l’Allemagne, c’est-à-dire aux vaincus. » (p. 146)