Une ignorance et une inculture vertigineuses

Cette ignorance théologique est repérable jusque chez les intellectuels ou les universitaires qui font profession de « combattre l’obscurantisme religieux. »

Cette charge antichrétienne, en effet, laisse entrevoir une ignorance, une inculture vertigineuses qui la renvoient elle-même à sa propre misère. Les déclarations ou promesses de l’Éducation, de droite ou de gauche, évoquant l’ « enseignement du fait religieux » à l’école n’y change rien. (…)

Cette ignorance théologique est repérable jusque chez les intellectuels ou les universitaires qui font profession de « combattre l’obscurantisme religieux. » Toute l’histoire de christianisme est ramenée sous leur plume à une succession épouvantable de croisades, d’inquisitions, de violences cléricales tandis que les grands auteurs de la tradition juive ou chrétienne sont présentés comme des manipulateurs ou, dans le meilleur des cas, comme des esprits crédules. (…)

Qui parle aujourd’hui des durs combats juridiques menés par l’Eglise pour tenter d’adoucir la violence médiévale (« paix de Dieu », « trêve de Dieu », interdiction progressive des ordalies, etc.) ? Qui évoque l’œuvre hospitalière ou éducative poursuivie de siècle en siècle ?
Bref, qui garde seulement en mémoire ce qu’un simple étudiant en droit de l’Université laïque et républicaine apprenait encore dans les années 1960 ?
Personne, bien entendu. L’histoire entière du christianisme n’est plus revisitée que dans l’optique d’une démonisation outrancière. L’Inquisition, elle aussi, a donc changé de camp.

J.C. Guillebaud, « comment je suis redevenu chrétien » p. 19 - 21