Théologie et anthropologie de Paul

La révélation de Jésus Fils de Dieu fut pour Paul celle de la rédemption et du salut par la croix. Autant qu’une christologie, la théologie de Paul est une anthropologie.

La Théologie de Paul : valeur rédemptrice de la souffrance

La révélation de Jésus Fils de Dieu fut pour Paul celle de la rédemption et du salut par la croix. En faisant l’expérience mystique de Jésus vivant, Lui dont il savait qu’Il était mort en croix, Saül découvrit qu’Il était bien l’Élu de Dieu.

Aussi le théologien insistera-t-il sur la valeur rédemptrice de la souffrance plus qu’aucun autre de ses contemporains.
« Éprouver la puissance de la Résurrection »
, écrira Paul, c’est « participer aux souffrances du Christ » et « devenir semblable à lui dans sa mort ».

La conversion ne peut être qu’union mystique au Christ souffrant ; elle est crucifixion avec le Christ ; elle inaugure un lent évidement du désir pour accueillir la volonté divine, dont la mort n’est que l’étape ultime. L’apôtre va donc beaucoup plus loin que ses maîtres pharisiens pour qui la mort était le passage vers la résurrection. P. 91

Marie-Françoise Baslez, Saint Paul , p. 91

La théologie de Paul, une anthropologie

Autant qu’une christologie, la théologie de Paul est une anthropologie : elle expose tout à la fois le salut par la croix et la transformation de l’homme par Dieu. La réalité du salut, pour Paul, est la transformation du corps et de l’existence terrestre, inaugurée par un événement historique, la résurrection du Fils d’entre les morts, et parachevée un jour par la résurrection finale de tous les croyants.

Comme tous les Chrétiens de sa génération, Paul attendait d’un moment à l’autre le Jour du Seigneur, mais sa lecture personnelle du destin humain l’amenait à vivre cette attente comme une tension douloureuse et nécessaire entre les « tribulations » du présent, résultant du péché personnel et de celui des autres, et l’espérance que Dieu achèverait bientôt son œuvre.
La foi est donc totalement engagée dans le monde et Paul combattra chez ses fidèles toute tentation d’illuminisme et d’attente passive de la résurrection. Paul mûrira toute sa vie sa conviction d’une récréation de l’homme par le Christ. L’homme qui se laisse « saisir » par le Christ est transformé par la puissance dynamique du Ressuscité. Son cœur se « dilate » à la mesure d’un amour universel. Il découvre la liberté. Il est propulsé en avant et va droit devant lui, oubliant le chemin parcouru.

Car la foi est active : elle est charité et se met en peine pour autrui ; elle est espérance et persévère au milieu des tribulations. La dynamique de la mission est incluse dans l’acte de foi comme l’affirmera Paul en reprenant les mots du psalmiste :
« J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ».

Marie-Françoise Baslez, Saint Paul , p. 92