« Ta main me conduit, ta droit me saisit … » (Ps 138)

Robert Hossein : « La seule chose en laquelle je ne crois pas ? Le hasard. J’ai su et compris un jour que le destin me guidait. »

On ne peut échapper à la vérité de sa personne quand on a la grâce de naître mystique. En ce sens, je crois en tout ce que le ciel a l’indulgence de me proposer pour vivre mieux et trouver mon chemin. Je crois même au Diable. Il ne faut pas être rigoriste à ce sujet. Vigilant mais pas rigoriste. Si l’on regarde sans excès autour de soi et en soi, ils sont bien présents.

Si l’on regarde sans excès autour de soi, ils sont bien présents les avertissements, les indicateurs, les signes, les symboles. Les visions aussi, elles existent. Et dans mon cas, plus je vieillis, plus elles m’envahissent.

La seule chose en laquelle je ne crois pas ? Le hasard. J’ai su et compris un jour que le destin me guidait. C’est lui qui m’indique la route à prendre quand je me trouve à un carrefour. Un phénomène étrange composé de l’illusion du pouvoir sur soi mêlée à la magie de l’intelligence laisse croire au libre arbitre alors que nous sommes dirigés à chaque instant.

A chaque minute ou seconde, une foule de réveils alertent nos sens. Des évènements anodins ou graves s’alignent sous nos yeux comme un paysage improbable, composant autant de panneaux indicatifs que nous ne savons pas lire. Un accident de la route, un joli minois, la sympathie d’un homme ou le désagrément d’une odeur font que l’on est guidé sans le savoir vers le bien ou le mal. Notre marge existe. Elle est infime.

Robert Hossein « N’ayez pas peur … de croire » p. 56