MEMOIRES (4 ) Souvenirs de famille

Famille Tante Thérèse de Cancave nous parle du grand-père François Méhat, un homme pieux mais très sévère. Elle en fit parfois l’expérience. Un jour de fête, elle s’était trop attardée avec une amie à La Gacilly. Elle n’a jamais oublié ce qui l’attendait de retour à la maison.

Un grand-père très sévère

J’ai eu la chance de bien connaître la tante Thérèse, sœur de mon père Eugène. Elle a vécu jusqu’à plus de 90 ans. Le hameau de Cancave où elle habitait ne comprenait que quelques maisons autrefois. Quand on descend la route dite du Cimetière ou de la Grotte on aperçoit ces maisons sur sa droite un peu à l’écart.

La région de Redon - Bains au nord ouest
La région de Redon - Bains au nord ouest

→ A ECOUTER : Le grand-père, François Méhat, un homme très sévère

Quand je venais en vacances chez mes parents, à La Grée du Bléheu je passais fréquemment sur cette route. J’aimais m’arrêter chez la tante qui me recevait toujours chaleureusement. En buvant le petit café du matin je lui faisais raconter ses souvenirs, du temps où elle habitait à la ferme des Provotais. Elle me parlait du grand-père François Méhat que j’avais à peine connu. Un jour la tante accepta de parler devant un magnétophone.

Ecoutez une première anecdote, un évènement qu’elle ne pouvait oublier. Un jour, elle s’attarda plus qu’il n’aurait fallu à la fête de La Gacilly, entraînée par une copine et l’envie de danser. Soudain elle prit conscience qu’il était plus que temps de rentrer à la ferme. Elle courut à toutes jambes pour rejoindre la Provotais distant de quelques kilomètres de La Gacilly. (Cette dernière est une petite ville du Morbihan rendue célèbre par l’un de ses enfants, Yves Rocher et ses produits de beauté.)

Les marais de Bains-sur-Oust
Les marais de Bains-sur-Oust

Quand la tante arriva elle trouva la porte fermée à clé (elle dit « crouillée » qui vient du vieux français « écrouée » probablement). La porte fut ouverte mais elle reçut la « raclée » dit-elle. Et le lendemain matin la punition continua. Il fallut se lever de très bonne heure pour aller « scier » (couper le blé à la faucille). A midi, pas de sieste possible, comme c’était l’habitude.

En ces temps-là l’éducation était rude on le voit et pourtant ce père aimait bien ses quatre filles et ses trois fils ! Ils n’ont jamais témoigné d’autres sentiments que de l’admiration pour lui. La vie n’était pas facile en ce temps-là, le caractère des gens s’en ressentait. On doit aussi tenir compte des traditions qui prônaient la rigueur dans l’éducation des enfants.

Dieu premier servi !

→ A ECOUTER : Pour le grand-père c’était "Dieu premier servi !

Une des 2 tantes religieuses
Une des 2 tantes religieuses

J’ai retenu un autre passage du long enregistrement.
Le grand-père François était un homme très religieux. Cela se voyait dans la fidélité à la prière, la tante l’avait bien remarqué. Il y avait la prière en famille, parfois un peu longue au goût des enfants. Même la marraine de tante Thérèse, une religieuse, s’était permise de dire un jour : « Ah, dame, François tu en dis un peu trop long ! » C’est que le grand-père François avait deux sœurs religieuses.
En écoutant ce témoignage on se dit que les gens d’autrefois avaient des manières de faire leurs dévotions qu’on ne comprend plus très bien aujourd’hui.
On ne voit pas la face cachée de leur vie spirituelle qui devait être intense. Je pense qu’ils devaient beaucoup prier pour se donner du courage à l’heure de l’épreuve.

Documents à télécharger