MEMOIRES (26) - Une longue, très longue convalescence !

Mon état d’esprit en arrivant à Saint-Pourçain - Je pris très au sérieux mon engagement à la rédaction de « Présence Mariste » et fis de gros efforts pour promouvoir cette revue dans l’école.

Quand je repris pied à St-Pourçain en janvier 1980 j’étais pour ainsi dire assommé par ce qui était arrivé l’été précédent. L’estime de moi-même était au plus bas. C’était comme si je sentais peser sur moi le mépris de tous mes confrères et des personnes de mon entourage. La confiance revint mais ce fut très long.

N.D. des Victoires à St-Pourçain
N.D. des Victoires à St-Pourçain

Au début je vivais dans la crainte d’avoir un nouvel arrêt maladie. Chaque fois que je le pouvais je faisais de grandes promenades à pied ou à bicyclette dans la campagne environnante. Le sommeil était impossible sans médicaments. Je repris confiance en partie grâce à l’enseignement, surtout à partir de l’année scolaire 1980-81 quand je fus chargé de français dans une classe de 4e. Je donnais libre cours à mon esprit d’invention. Mes élèves étaient intéressés, je le sentais bien et cela me causait beaucoup de plaisir. Je me souviens surtout de la manière dont je fis prendre le goût de la lecture à plusieurs de ces jeunes. Je me remis à lire beaucoup moi aussi.

L’ambiance en communauté était excellente

J’appréciais surtout le grand sens du devoir chez F. Michel M. et le caractère à la fois sérieux et enjoué de F. Robert Paput. Je n’ai jamais oublié le charme des petites sorties que nous faisions ensemble le soir après le repas.
Je me remis aussi à faire de petits travaux manuels et passai d’agréables moments dans l’atelier aménagé dans ce petit bâtiment situé à droite en entrant dans notre propriété. Sans doute aurais-je pu me rendre utile en offrant de l’aide au F. Joseph Fontbonne dans son grand jardin. Mais je n’ai jamais été attiré par le jardinage. Mes petites réalisations en bricolage m’apportaient une certaine satisfaction surtout quand ces travaux nécessitaient de pratiquer la soudure à l’arc électrique. A Chagny déjà je me détendais de cette manière. Ainsi, à St-Pourçain, je renouais avec ces habitudes qui m’aidaient à vivre.

Au sommaire du n°190 de Présence Mariste
Au sommaire du n°190 de Présence Mariste

Le climat de la communauté, le plaisir d’enseigner, les travaux manuels, les promenades et surtout l’accompagnement spirituel entrepris avec le P. Bruno à l’abbaye de Sept-Fons contribuèrent énormément à refaire ma santé. Je menai une vie on ne peut plus régulière et, suivant en cela l’avis du médecin, je diminuai progressivement les doses des médicaments. Je m’aperçus un jour que je réussissais à dormir sans le secours des drogues. Une étape importante vers la guérison avait été franchie ! A mon grand soulagement, j’avais fini par me délivrer de l’esclavage de la drogue !

Au comité de rédaction de la revue « Présence Mariste »

Je reçus un jour une lettre du F. Provincial d’alors (F. Henri V.) m’invitant à faire partie du comité de rédaction de la revue « Présence Mariste ». C’était en février 1990. Quelques années auparavant la Province de St-Genis-Laval avait décidé de se désengager de l’administration et du soutien de cette publication. Dans ma Province, celle de N.D. de l’Hermitage, on estimait, au contraire, que ce n’était pas le moment d’abandonner la revue. Fr. Antoine Vallet avait accepté de reprendre la gestion de la revue au moins provisoirement. Il fallait continuer, le temps de laisser passer les festivités prévues pour commémorer le 200e anniversaire de la naissance de Marcellin Champagnat, notre fondateur en 1789. J’acceptais non sans réticences la proposition de Fr. Henri V. de faire partie du nouveau comité de rédaction. Au début je fus un peu déçu car le F. Antoine Vallet, directeur de la revue, ne réunissait guère les quelques Frères qui avaient accepté de travailler avec lui. Les choses changèrent du tout au tout quand ce fut le F. Maurice B. qui lui succéda en 1992. Au début du n°190 on peut voir la présentation du nouveau comité de rédaction, ce fut un nouveau départ véritable ! Plus de vingt après, cette revue continue, il y a de quoi en être fier du travail accompli. J’allais devenir l’un de ses plus fidèles collaborateurs.

Pourquoi avais-je été choisi ? Un clin d’œil de la Providence ?

Notre Province de l’Hermitage comptait encore beaucoup de Frères, certains plus capables que moi sans doute. Aussi je me demande pourquoi on avait pensé à moi pour entrer dans la rédaction de « Présence Mariste ». Je me faisais bien petit à cette époque, persuadé, à tort sans doute, que mes confrères avaient perdu toute confiance en moi après ce qui s’était passé à Pau en 1979.

Je rédigeais assez souvent des articles. Plus tard, j’acceptais, à plusieurs reprises, de prendre en charge le dossier central qui paraît dans chaque numéro. Cela demandait beaucoup de travail et, surtout, me causait beaucoup de soucis. Comme j’avais déjà acquis une certaine compétence dans le domaine de la photographie on me demanda également de penser à l’illustration des articles.

Présence Mariste n°190 - Comité de Rédaction (incomplet)
Présence Mariste n°190 - Comité de Rédaction (incomplet)

Sur place, à Saint-Pourçain, je fis de gros efforts pour promouvoir notre magazine dans l’école N.D. des Victoires où je travaillais. Tout le personnel de l’école, les professeurs, beaucoup de parents et d’anciens élèves furent abonnés. Cela contribua à faire connaître les Frères et leur spiritualité. La communauté fut associée à cet effort. Sur la suggestion de F. Antoine Vallet on entreprit de préparer un encart qui donnerait des nouvelles locales à chaque numéro. Pour réaliser ces quatre pages trimestrielles insérées dans la revue je devais persuader certaines personnes d’écrire des articles et faire le nécessaire pour l’illustration. Il fallait aussi se charger de la saisie de ces documents. Avec le temps la qualité de cet encart s’améliora. Pour diminuer les frais d’impression je collaborais avec M. Chanot, un imprimeur de la ville. J’appris beaucoup de choses en travaillant avec lui. Il devint bientôt un ami et je revois sa réaction de dépit quand il apprit que j’allais quitter Saint-Pourçain en l’an 2000.

Le numéro 200 de « Présence Mariste »

Présence Mariste, encart de St-Pourçain
Présence Mariste, encart de St-Pourçain

F. Maurice B demanda à son comité un effort particulier pour la parution du numéro 200 de la revue en juin 1994. Une fête fut organisée pour l’occasion à N.D de l’Hermitage pour promouvoir notre publication. Pour contribuer au succès de cette rencontre j’entrepris de répertorier la plupart des articles publiés depuis les débuts en 1952 (la revue s’appelait « Voyages et Missions » au départ). Cette base de données existe toujours (en 2016). Je me suis chargé dès l’origine de la tenir à jour. Le travail accompli n’est pas parfait mais il peut rendre de grands services.

Mon travail à la revue allait se poursuivre près de vingt ans jusqu’en 2007. Quand je quittai le comité de rédaction je n’étais plus à Saint-Pourçain mais à Paris, dans notre communauté de la rue Dareau dans le 14e. Beaucoup d’autres engagements étaient venus s’ajouter à celui-là et je sentais la fatigue. Je n’abandonnais pas complètement ma collaboration à « Présence Mariste » puisque je m’étais chargé, quelques années auparavant, d’ouvrir un site Internet pour mettre en ligne de nombreux articles de la revue. Ce travail se poursuit encore à ce jour.