Les Pharisiens au temps de Jésus

La secte rassemblait des hommes nouveaux. C’étaient des « justes » autant que des « savants », des « séparés » autant que des « exégètes »

Dans la société juive du temps, la secte rassemblait des hommes nouveaux, dégagés des pesanteurs et des préjugés de la vieille aristocratie, et que distinguaient du « peuple du pays » leur savoir, leur volonté de vivre l’Alliance divine au quotidien, leur exigence de pureté dans la stricte observance de la Loi.

C’étaient des « justes » autant que des « savants », des « séparés » - regroupés par petits groupes de pureté - autant que des « exégètes » : le nom même de « pharisien » ne dérive-t-il pas d’une racine signifiant tout à la fois « séparer » et « expliquer » ?

Leur style de vie tranchait évidemment sur celui de la cour des Hérodes, complètement hellénisée, et sur celui des notables et des prêtres de haut rang, au luxe ostentatoire, qui constituaient le parti des saducéens. La secte pharisienne recrutait plutôt dans les catégories urbaines moyennes, parmi les artisans et les commerçants.

Ces « purs » sont des actifs qui recherchent la perfection morale et spirituelle.

Ces « purs » sont des actifs, qui considèrent les occupations professionnelles comme un élément d’équilibre nécessaire dans la vie du savant. Ils se rassemblent sous la direction d’un « maître », rabbi ou « didascale » en grec, pour mieux vivre leur recherche de la perfection morale et rituelle.

Pourtant, le milieu pharisien n’était pas une société close. Beaucoup de maîtres veillaient à ce que les règles de pureté rituelle ne soient pas appliquées avec trop d’intransigeance et cherchaient à adapter et à faciliter la vie religieuse et sociale de leurs contemporains par l’exégèse et le développement d’une tradition orale.

Des mal-aimés des Evangiles

Mal aimés des Évangiles à cause de leur formalisme, les pharisiens étaient vus comme des « Chercheurs d’allégement » par la secte de Qumrân ! Représentaient-ils une voie moyenne parmi toutes les tensions du judaïsme d’alors ? Peut-être… ils étaient surtout gagnés à l’idée de l’universalité du salut, que certains prophètes avaient introduite dans les esprits. Un des thèmes majeurs du pharisaïsme consistait à affirmer que la Révélation divine s’adressait à tous et non pas seulement aux prêtres, et qu’en définitive chacun avait vocation à la sainteté.

Le mouvement pharisien vivait plus ou moins bien ses contradictions existentielles. Il avait l’intuition de l’universalité du salut, mais il se développait dans une dynamique groupusculaire l’aspiration à l’idéal de sainteté l’incitant toujours à se séparer des pécheurs. Il n’en formait pas moins l’élément le plus actif de la société juive, si morcelée et si déchirée au début de notre ère.

Peu nombreux (6 000, dit-on), les pharisiens constituaient pourtant un mouvement d’idées et un parti réellement influents dans la vie publique, encore qu’assez diversifiés dans leurs choix.

Saül - Paul - était fils de pharisien et circoncis

Fils de pharisien, Saül fut circoncis à huit jours comme l’exigeait la tradition. Peut-être fut-il aussi voué à Dieu comme un nazir : certains le pensaient à Jérusalem et lui-même dit avoir été appelé à Dieu « dès le sein de sa mère » - formule couramment employée pour les enfants voués.

MFr Baslez, St Paul p. 27 (Fayard 1991)

-→ Sur ce sujet voir aussi ce que dit Charles Perrot