Le catéchuménat - Accueillir et écouter

Accueillir et écouter

Qui dit expérience spirituelle, dit attention et accompagnement de ce que chacun vit, comme nous l’avons vu faire par l’Eglise, de façon heureuse avec les adultes qui demandent le baptême.
Si les catéchumènes se sont sentis à l’aise dans l’Eglise, c’est parce qu’ils ont été accueillis sans condition, là où ils en étaient par leurs accompagnateurs.

Charlotte exprime fort bien cette requête quand elle dit :
« Moi j’attends de l’Église quelle soit accueillante, chaleureuse, quelle prenne les gens comme ils sont. Quand on prend contact avec l’Église, on traîne derrière soi ce que l’on est, ce que l’on a vécu. On ne peut pas tout lâcher. Les gens ont aujourd’hui des parcours très compliqués, mais il leur faut bien avancer avec. »

Cette attitude est celle de beaucoup de prêtres, de laïcs engagés et d’évêques, qui passent effectivement le plus clair de leur temps non pas à « sermonner » les gens mais à écouter leur histoire et leurs questions. Ce faisant ils ne font qu’imiter Jésus qui disait il y a deux mille ans qu’Il n’était pas venu pour les riches et les puissants mais pour les faibles et les mal portants.

Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui ? Qu’Il vient d’abord pour tous ceux qui portent les blessures de leur vie en bandoulière, pour ceux qui ont dérapé et perdu leurs repères, pour ceux qui sont minés par les questions existentielles sur la vie et la mort, pour ceux qui ont soif d’autre chose que de consommation, pour ceux qui ont une vie riche et satisfaisante en tout point mais sont un jour ou l’autre saisis par la vacuité de leur existence. Ce sont, comme le dit Sandrine, les « petites brebis » du Seigneur, celles qu’Il va chercher, quitte à abandonner le reste du troupeau.
« Il m’apparaît de plus en plus clairement, confirme Mgr Rouet, que le christianisme, pour s’adresser aux contemporains, se doit de commencer par les écouter et par cheminer avec eux. »

C’est une des grandes leçons du catéchuménat à l’Église

L’accueil et l’écoute d’une personne ne sont jamais innocents, ils font bouger l’auditeur, ravivent sa foi, le remettent en question. Ainsi Josette, qui a toujours été une pratiquante convaincue, témoigne de sa joie au terme d’un accompagnement au baptême d’une mère célibataire de trente-six ans.
« Ses questions et ses découvertes, dit-elle, ont rafraîchi en moi la Bonne Nouvelle. »

L’accueil et l’écoute sont donc susceptibles de faire bouger l’Église tout entière. (…)

Le Catéchuménat infographie tiré de La Croix (février 2007)

Comment se fait-il alors que l’opinion en reste à l’image d’une Église donneuse de leçons ? C’est qu’il y a souvent un fossé entre ce qui se vit à la base et dont ne bénéficient que ceux qui ont un contact avec des prêtres ou des laïcs… et le comportement de l’institution romaine, qui est visible pour tous, notamment à travers les manchettes des journaux !

(Les nouveaux convertis p. 270)