La psychanalyse, les neuroleptiques, l’antipsychiatrie

L’arrivée de la psychanalyse ajoute un nouvel outil à l’arsenal traditionnel. Dans les années 1950, une découverte majeure bouleverse l’approche psychiatrique, celle des neuroleptiques.

L’arrivée de la psychanalyse dans l’entre-deux guerres, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, sous la forme de la psychothérapie institutionnelle, ajoute un nouvel outil, la parole thérapeutique, à l’arsenal traditionnel qui se résumait bien souvent à ce qu’on appelait l’« hydrothérapie » et aux électrochocs. Petit à petit, le langage s’imprègne des concepts et des modèles freudiens.

Dans les années 1950, une découverte majeure bouleverse l’approche psychiatrique, celle des neuroleptiques. Jean Delay et Pierre Deniker introduisent le Largactil, une molécule découverte par le grand chirurgien militaire Henri Laborit. C’est la première camisole chimique qui rend obsolètes les camisoles de force et autres lobotomies. Suivront d’autres molécules dans la très riche catégorie des psychotropes. Ces substances proprement miraculeuses font disparaître les symptômes, apaisent les états aigus et stabilisent les états chroniques. Moyennant certains effets secondaires, rigidité, spasmicité, la souffrance morale peut désormais être atténuée.

Un troisième mouvement vient accélérer l’évolution, celui dit de l’« antipsychiatrie », né dans les années 1960. Il reprend les idées développées par Michel Foucault dans son Histoire de la folie à l’âge classique. (…)

Participant de la grande vague libertaire de remise en cause de toutes les institutions, ils accusent la psychiatrie d’être au service de la répression que la société normative exerce sur la folie. Les antipsychiatres poussent la logique jusqu’à nier la notion même de maladie mentale. (p. 172)