La découverte des galaxies

Les protestants se sont depuis longtemps résignés à l’idée de l’immensité du ciel, les catholiques les suivent, quand bien même Galilée n’est toujours pas réhabilité !

L’épisode suivant intervient vers 1914-1920 avec l’installation des grands télescopes californiens. L’Amérique est alors en plein essor, ce dont la vieille Europe n’a pas encore très bien conscience. Elle croit en la science, vient de créer des universités et installe de nouveaux équipements scientifiques. À cette époque, le ciel des environs de Los Angeles est encore clair : la lisière du désert, sur les hauteurs, est un lieu idéal pour installer un télescope.

Les Américains installent le Haie, puis le Palomar. Alors commence la première exploration véritable du ciel lointain. Le héros de cette fabuleuse aventure s’appelle Edwin Hubble.

Des milliers, des millions de galaxies contenant
chacune des milliards d’étoiles.

C’est lui qui trouve d’abord la solution au problème des nébuleuses. Les nébuleuses floues qui nous entourent sont des associations d’étoiles, des galaxies, distinctes de la Voie lactée. Or Hubble et ses collègues découvrent non pas une ou deux galaxies mais des milliers, des millions de galaxies contenant chacune des milliards de milliards d’étoiles.

Ces galaxies sont de formes et de tailles variées, parfois aplaties et constituées par deux bras s’enroulant en spirale, parfois plus massives avec un amas central sphérique. Tantôt, les étoiles y sont distribuées uniformément, tantôt les concentrations d’étoiles dessinent des structures. La Voie lactée, notre Voie lactée, n’est donc en rien remarquable ni unique, il s’agit d’une galaxie ordinaire, parmi d’autres galaxies.

Paradoxalement, ces découvertes qui pulvérisent pourtant tous les préjugés issus de la Bible ne déclenchent pas l’hostilité des autorités religieuses. Le pape entretient une correspondance régulière avec les meilleurs astronomes dont Hubble, les protestants se sont depuis longtemps résignés à l’idée de l’immensité du ciel, les catholiques les suivent, quand bien même Galilée n’est toujours pas réhabilité !

(Claude Allègre, Dieu face à la Science, p 77)