C. Martini, le péché du monde

« Le péché du monde - c’est ainsi que Jean-Baptiste désigne les injustices qu’il rencontre - prend un visage trop aimable. » - « Il ne faut pas non plus nous habituer aux péchés à caractère plus global ; ils constituent pour nous un défi »

Le péché du monde - c’est ainsi que Jean-Baptiste désigne les injustices qu’il rencontre - prend un visage trop aimable. Ce visage est trompeur. Le caractère dangereux du péché s’estompe.

Cardinal Martini, le rêve de Jérusalem

Nous devons dévoiler au grand jour

  • comment sont traités chez nous les demandeurs d’asile,
  • combien peu de temps les parents peuvent consacrer à leurs enfants,
  • combien peu d’espoir entretiennent de nombreux jeunes,
  • à quel point le stress atteint bien des travailleurs et aussi des gens bien payés (souvent, cela conduit à briser des familles).

Il ne faut pas non plus nous habituer aux péchés à caractère plus global ; ils constituent pour nous un défi :

  • l’épidémie du sida,
  • les catastrophes de l’environnement et de la faim,
  • la pauvreté,
  • les guerres et la détresse des réfugiés,
  • les enfants qui n’ont pas accès à la médecine et à l’éducation ;
  • les femmes qui sont maltraitées.

Celui qui connaît et aime une personne qui souffre de l’un de ces péchés est choqué et veut faire quelque chose. Ici à Jérusalem je vis en plein milieu du conflit apparemment insoluble qui oppose chrétiens, juifs et musulmans. C’est ici que l’on sent le plus nettement la confrontation entre eux. J’essaie de maintenir le contact de tous les côtés et d’écouter les plaintes des uns et des autres. Chaque jour, je prie pour la paix.

Souvent je pense à saint François-Xavier qui en son temps a vu la misère qui régnait aux Indes. Il voulait retourner dans les amphithéâtres de la Sorbonne et crier : Ne voyez-vous pas à quel point la misère est grande, à quel point le monde réclame votre engagement ?

Le péché du monde ne doit pas être minimisé, ni réduit à des faiblesses personnelles. Le péché constitue un appel à la décision.

  • Qui est prêt à lutter, avec Jésus, contre l’injustice ?
  • Qui est prêt à mener cette lutte en prenant sur lui, comme Jésus, les inconvénients, les outrages et les souffrances qu’elle entraîne ?

Le monde réclame à grands cris des jeunes gens courageux.

Carlo Maria Martini, Le rêve de Jérusalem, DDB 2009, page 191